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Selon
une légende ancienne, la tribu Makonde naquit de l’union entre un
sculpteur et une silhouette féminine qu’il avait créée.
La sculpture s’était éveillée durant la nuit, devenant
une femme. Ils eurent deux enfants, nés près du fleuve, mais
tous deux moururent en bas âge et ce n’est que retourné dans
la forêt que le couple mit au monde un troisième enfant qui
survécu. Les Makonde devinrent ainsi un peuple des plateaux, vivant
loin de l’eau, et loin aussi des maladies que l’eau engendre. Aujourd’hui,
la culture Makonde s’étend le long de la rivière Rovuma,
à la frontière entre la Tanzanie et le Mozambique. De nombreux
Makonde se réfugièrent en Tanzanie, lors de la guerre coloniale,
et s’engagèrent dans la guerre de libération. Aujourd’hui,
ce peuple est internationalement connu pour sa sculpture. De manière
caractéristique, il développèrent délibérément
un style moderne, très contemporain, éloigné des formes
classiques de la sculpture makonde, et pourtant thématisant des
aspects culturels de l’Afrique traditionnelle.

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Traditionnellement, la sculpture Makonde
était liée au culte des ancêtres. Mis à part
les articles ménagers (cuillères, ustensiles de cuisines,
pipes, meubles qui étaient décorés), les Makondes
produisaient des masques utilisés dans les rites d’initiation. Ces
heaumes dits Mapico, du nom de la danse exécutée lors des
rites d’initiation, étaient sculptés par un homme dans un
bois léger, du kapok le plus souvent, sur lequel des teintures rouges,
noires, jaunes ou brunes étaient appliquées. On y adjoignait
des cheveux humains ou des poils d’animaux, ainsi que les labrets, de coquillage
ou d’os, semblable aux labrets ornant la lèvre supérieure
des Makondes. Les traits du visages et les scarifications rituelles caractéristiques
des Makondes étaient gravés dans le bois. Les yeux ne sont
pas pourvu d’ouverture, en fait, les orifices permettant la vision étaient
pratiqués au niveau des narines ou de la bouche du masque, que l’on
portait relevé. Cet art resta préservé des influences
extérieures jusqu’en 1914, mais par la suite, l’influence des autorités
coloniales, des missionnaires et des commerçants se fit sentir.
On vit apparaître des figures caricaturant l’administrateur colonial,
mais rapidement aussi un nouveau matériau fit son apparition. Au
bois tendre et léger se substitua les bois lourds, sombres,
et polis, qui répondaient mieux à une demande d’un marché
développé par le colonialisme. Le colonisateur exemptait
les sculpteurs sur bois de certaines taxes. Au nombre de 30 environ il
y a quarante ans, les artistes se comptent aujourd’hui par centaines, diversifiant
les styles, mais se développement se paya aussi d’une production
souvent médiocre et stéréotypée considérée
comme « art d’aéroport ». C’est en 1950 que se développa
un art Makonde contemporain, stimulé par l’ouverture du musée
de Nampula, dans lequel on peut reconnaître et catégoriser
un certain nombre de styles et de thématique. Les plus connues sont
le style ujamaa, « communauté », et le style shitani,
« esprit ». |
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