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artistes du Mozambique |
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Malagantana, monstre sacré |
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| Malangatana,
sem titulo, serigrafia, 1983, coll.priv.
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Le public eut l'occasion de découvrir ses œuvres lors d'un salon, en 1959, et sa première exposition individuelle eut lieu en 1961. Il avait 25 ans. S'inscrivant dans le courant indigéniste, la publication de ses poèmes dans le journal "Black Orpheu" et dans une "anthologie de la poésie moderne d'Afrique" en 1963 lui valut une notoriété certaine mais il attira aussi l'attention des autorités coloniales. L'année suivante, il fut emprisonné durant 18 mois par la police secrète portugaise qui lui soupçonnait des sympathies pour le Frelimo. En 1971, une bourse de la fondation Gulbakian lui permit d'étudier la gravure et la céramique. A l'indépendance, il fut chargé de nombreuses œuvres publiques, dont les peintures murales du musée d'Histoire naturelle, du Centre d'Etudes Africaines de l'Université Eduardo Mondlane. Il collabora en outre à l'établissement du Musée national d'art, du Centre d'Etudes culturelles et du Centre pour les arts. Il fut un des fondateurs du "Mouvement mozambicain pour la paix". Son œuvre et son engagement social lui valut de nombreuses distinctions honorifiques tant au Mozambique qu'à l'étranger. Une de ses réalisations les plus intéressantes est l'Association du Centre culturel de Matalana, dont il est actuellement directeur. Cette association est un projet de développement intégré basé sur une formation professionnelle et la création de petites entreprises. Ce projet témoigne d'une approche ethno-anthropologique et écologique intéressante, par notamment, la primauté accordée aux technologies appropriées et à l'aspect culturel et artistique. Une œuvre prolifique et foisonnante.
Chez Malangatana les foules sont agglutinées, comme ces cohues animées que l'on observe fréquemment sur les marchés, dans les bus surbondés, ou, dans ces interminables files d'attente qui marquaient, devant les épiceries et les boulangeries, la vie mozambicaine en temps de guerre. Mais si la densité des corps qui s'entremêlent, la proximité et la multiplicité des visages, expriment parfois la pesanteur d'un destin marqué par la misère, elle signifie aussi la force vitale d'une société soudée, où l'esprit de communauté et d'entraide triomphe des démons. Un style de sculpture du Nord du Mozambique s'appelle "Ujaama", ce mot qui signifie "communauté", désigne aussi le mouvement des villages communautaires de Tanzanie, mis en place sous Nyerere : une figure patriarcale domine un agglomérat de corps solidaires, hommes, femmes, enfants s'enlacent, étroitement soudés, en un organisme unique, où chacun - à sa place dans sa lignée - est responsable de tous. Nous retrouvons ce même esprit dans les fresques de Malangatana, particulièrement celle du Centre d'Etudes africaines, à l'université Eduardo Mondlane, Maputo. La gravure, la sérigraphie lui sont familières ainsi que la céramique et s'il est plus volontiers peintre que sculpteur, on lui doit aussi plusieurs bas-reliefs. Devenue classique, l'œuvre de Malagantana est séminale. L'Afrique ne cultive pas l'individualisme et il est fréquent qu'un artiste influence d'autres et qu'un style, qu'une idée, se répercute, d'artiste en artiste, d'œuvre en œuvre, jusque dans l'art de rue. A moins que ce ne soit le contraire, les artistes gardant intacte leur d'inspiration populaire. Il arrive aussi que des artistes populaires, artisans anonymes d'un art exposé sur les marchés pour touristes, accèdent au statut d'artiste renommé. Si Malangatana fait école au point de se voir en quelque sorte multiplié à l'infini, et de "peser" quelque peu sur les nouvelles générations d'artistes qui voient le jour après l'indépendance, le maître n'a jamais cessé de renouveler son art en puisant dans les traditions de son peuple, tout en diversifiant ses techniques et évoluant en phase avec le devenir historique de son pays. P. Deramaix |
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Yaka - constróis!, 1983-84-85, óleo s/ tela, 117 x 104cm
- extrait de
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| portrait de Malangatana, d'après photo, adaptation infographique P.Dx | ![]() |
Bibliographie Maria Armandina
Maia, Feliciano Mira e Mário Filipe Malangatana, Malangatana,
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