Mozambique
en bref
Chef d'Etat : Joaquim
A. Chissano
Premier ministre : Dr. Pascoal Mocumbi
régime politique : République
unitaire, régime présidentiel, à législature
unicamériale.
L'Assemblée nationale compte 250 sièges.
Représentation féminine à Assemblée nationale
: 28 %
indépendance : 25 juin 1975
Capitale : Maputo
Superficie : 799.390 km 2
Population : estimée à 19 million.
40 % de la population vit dans deux provinces : Nampula et Zambezia. 33
% vit en zone urbaine.
Langue : il ya 13 langues nationales et de
nombreux dialectes. La langue officielle est le portugais, parlé
par 25 % de la population surtout dans les villes. >
Religions pratiquées : animisme,
catholicisme, protestantisme, islam, hindouisme, on note aussi l'influence
et la présence active de nouvelles sectes, dont celle des "Maziones",
mouvement religieux africain
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une histoire tumultueuse
Le Mozambique compte
une population extrêmement diversifiée sur le plan culturel
et ethnique.
Il y a 13 langues
nationales avec de nombreux dialectes parlés par 11 ethnies principales.
Les langues principales sont eMakhuwa et eChuwabo, ciNyana et ciSena, ciShona;
xiTsonga et xiRonga, ciYao, shiMakonde, ciNyungwe, ciCopi, giTonga, kiShwahiki.
Aux cultures locales, il faux ajouter les influences étrangères
et l'existence de minorités : influence arabe, sensible dans les
régions côtières, imprégnation de la culture
coloniale portugaise, existence d'une minorité indienne, musulmane
mais aussi hindoue, et présence chinoise, quoique considérablement
amoindrie à la suite de la décolonisation. Cette diversité
culturelle reflète la longue et riche histoire des civilisations
africaines qui surgirent durant les siècles précédant
l'arrivée des commerçants Arabes et la pénétration
du territoire par les entrepreneurs et prêtres portugais. Quand Vasco
de Gama arriva sur la côte de Inhambane à la fin du 15e S,
il trouva une société dynamique qui avait établi des
liens commerciaux entre l'arrière-pays africain, le Moyen-orient
et la Chine.
La côte mozambicaine
fut proclamée colonie portugaise au milieu du 18e S avec comme capitale
l'île du Moçambique, située au nord du pays. Les puissances
européennes se partagèrent l'Afrique à la fin du 19e
S, ce qui permit à l'armée portugaise de renforcer le controle
de Lisbonne sur la plus grande partie du territoire mozambicain. Cependant
les dernières poches de résistance armée ne furent
réduites qu'au premier quart du 20e S, sans que disparaisse l'opposition
anticoloniale qui aboutit à l'unification des mouvements nationalistes,
en 1962, sous la bannière du Front de libération du mozambique
(FRELIMO). Alors dirigé par Eduardo Mondlane. Après l'échec
des premières négociations, le FRELIMO lança la lutte
armée de libération en 1964 qui aboutit à l'indépendance
dix ans plus tard. Eduardo Mondlane fut assassiné en 1969 par la
police secrète portugaise, et Samora Machel fut élu second
président du FRELIMO. En 1975, il devint le premier président
de la jeune République populaire du Mozambique. Radical, populaire
et doté un important charisme, il mobilisa la population dans une
révolution sociale et politique, inspirée par le modèle
soviétique et cubain : réformes agraires, nationalisation
de l'enseignement, de la médecine et des immeubles, instauration
d'un contrôle ouvrier dans la production, établissement de
communes populaires. Mais l'autoritarisme dont le Frelimo fit preuve effraya
dès la période de transition les coloniaux qui suscita un
exode massif des couches sociales privilégiés, mais aussi
les plus compétentes et isola les cadres urbanisés du régime
des populations rurales du centre. La coopération internationales
et les appuis internationalistes ne suffirent pas à pallier les
difficultés économiques alors que la guerre contre-révolutionnaire
de la Renamo commençait dès les années 80 à
ébranler les campagnes. De plus la détermination du Mozambique
a soutenir et la lutte contre l'apartheid sud-africain et contre le régime
rhodésien de Jan Smith imposa au pays une situation de guerre. Au
plus fort de la tension, au cours des premières phases d'une négociation
avec l'Afrique du Sud, l'avion qui transportait le président mozambicain
et ses proches collaborateur s'écrasa de manière inexpliquée.
Après le décès de Samora Machel, Joaquim Chissano
devint le second président de la République, et le Mozambique
entra dans une nouvelle phase de son histoire.
de la guerre à
la paix
Nombreux sont ceux qui
s'interrogent sur l'avenir d'un pays dont le passé fut intensément
tragique. Si les dix ans de guerre d'indépendance, consécration
d'une longue tradition de résistance à la colonisation, aboutirent
à la décolonisation en 1975, les vingt années qui
suivirent furent parmi les plus terribles que vécu le Mozambique.
L'expérience
socialiste mise en place par le FRELIMO (Front de Libération du
Mozambique) n'a pu porter les fruits que l'on pouvait espérer de
la décolonisation et des réformes économiques et politiques
propres à une démocratie populaire. La destabilisation menée
par les régimes racistes des pays voisins qui suscitèrent
la formation de la Résistance Nationale Mozambicaine (RENAMO), mais
aussi l'incapacité du gouvernement à susciter l'adhésion
des populations rurales traditionnelles, destabilisée par la collectivisation,
doivent être comptées parmi les causes de la guerre civile
qui déchira cruellement le pays durant quinze ans. Par la terreur,
mais aussi en s'appuyant sur une partie de la population rurale des provinces
du Centre, la RENAMO réussit à contrôler une large
part du pays et à épuiser le pays dans une guerre aux cruautés
innombrables. Cependant, tant en Afrique Australe que dans le monde, les
rapports géopolitiques furent bouleversés par l'indépendance
du Zimbabwé, par l'abolition du régime d'apartheid en Afrique
du Sud, et par la chute de l'Union soviétique. Dans ce contexte,
le FRELIMO abandonna sa doctrine marxiste et accepta une libéralisation
économique et politique du pays. Les conditions pour des négociations
et pour la paix furent réunies et débouchèrent sur
le traité de Rome en 1992 qui mit fin à 17 ans de guerre
civile. Les premières élections pluripartites se déroulèrent,
sous le regard vigilant de la communauté internationale, en 1994
au terme duquel la population réitéra sa confiance au FRELIMO
(44,3 % des sièges) mais où la RENAMO (33,8 % des sièges)
confirma sa forte implantation dans diverses provinces (Manica,
Nampula, Sofala, Zambezia et Tete). La paix rétablie, le gouvernement
peut s'attacher à la consolidation de la stabilité et de
l'unité nationale, à la réduction de la pauvreté
et au développement économique sur une base libérale.
Cette politique permit une relance économique et une baisse considérable
du taux d'inflation, sans pouvoir cependant réduire les disparités
de revenu (disparité cependant compensée par une importante
économie informelle) et, malheureusement, sans éliminer la
corruption.
des raisons d'espérer
Le Mozambique n’est
pas inéluctablement condamné à la pauvreté.
Ses potentialités sont énormes. Il est bien irrigué
par de nombreuses rivières et pourvu de ressources naturelles et
humaines nombreuses, comprenant terres et minéraux, ainsi qu’une
longue région côtière, propice au développement
touristique, portuaire et à la pêche. La politique économique
tend à faciliter les investissements étrangers en éliminant
les obstacles bureaucratiques.
Le Mozambique assure
des facilités portuaires et de transit à ses voisins : Malawi,
Zimbabwe, Afrique du Sud, Zambie, Swaziland... Ces pays font partie
du Commonwealth auquel le Mozambique s’est intégré en 1997.
L’assistance financière et économique apportée par
le Commonwealth pourra être un atout pour le développement
économique régional, à court terme et apportera à
long terme une stabilité politique plus grande.
Le rétablissement
de la paix en 1992 et les élections législatives et présidentielles
de 1994 assurent une stabilité politique que confirme les dernières
élections de 1999. Le Frelimo garde une majorité et la population
continue à faire confiance au président J. Chissano. Personalité
modérée et homme pacifique, Chissano pu sortir de l’état
de guerre civile et rétablir la paix au Mozambique. La fin de la
guerre et une politique économique orientée vers l’avenir
font du Mozambique une pôle attractif d’investissement, de sorte
que le Mozambique sort progressivement de sa situation d’extrême
pauvreté. Sur le plan régional, le Mozambique cherche à
s’engager dans une dynamique de coopération économique, de
renforcement des échanges et des communications, de consolidation
des acquis de la démocratie et de développement des ressources
humaines. Cependant, s’il est permis d’espérer, le chemin reste
long à parcourir. Les récentes inondations catastrophiques
ont causé une importante destruction de l’infrastructure économique
dans les provinces de Gaza, d’Inhambane et de Sofala, annihilant pratiquement
dix ans de développement rural. Par ailleurs, la croissance économique
s’opère dans une logique d’intégration dans le système
mondial et la population accuse les contrecoûts sociaux de la globalisation
économique et de l’orientation libérale voulue par le FMI
et la Banque Mondiale : ainsi 47 % des habitants de Maputo vivent dans
la pauvreté absolue. Débrouillarde, la population est déterminée
à sortir de la pauvreté tout en maintenant la paix civile.
Sa subsistance repose largement sur une économie informelle qui
n'est pas prise en compte dans les statistiques économiques officelles.
Cependant, son avenir dépend aussi de la solidarité internationale
: de nombreux projets de développement intégré sont
mis en place à l'aide d'organisations non gouvernementales.
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