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art au mozambique
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enjeux stratégiques : héritage portugais et identité nationaleLa rupture avec le passé colonial s'accompagna de son lot de destructions de biens culturels : des statues à la gloire des héros portugais furent démontées, et reléguées au rebut. Cette destruction fut de courte durée, et dès 1976, un groupe d'artistes s'interrogèrent sur la fonction muséale. Le "Musée national d'art populaire" devait-il se cantonner à la seule production nationale ou devait-il prendre en compte l'héritage portugais ? Dans le souci de représenter la diversité culturelle mozambicaine et d'assurer la préservation des œuvres portugaises conservées jusqu'en 1975 dans les musées coloniaux, on décida de créer à partir du Musée national d'art populaire une nouvelle institution "Le Musée national de Arte" (MUSART) qui jouerait un rôle d'éducation permanente et de conservation du patrimoine culturel. Une exposition permanente est désormais consacrée aux arts plastiques et divers projets d'évènements artistiques - expositions temporaires - reçoivent l'appui d'institution privées et publiques internationales. En 1988, une exposition d'art contemporain Makonde "Novos Rumos", préparant la participation mozambicaine à la prestigieuse exposition à Paris "Art Makondé, tradition et modernité" (1989) fut la premiere initiative du MUSART. Le Musée se consacre essentiellement à l'art contemporain du Mozambique, laissant à plus tard l'exploitation pédagogique et muséologique du patrimoine portugais conservé - tant bien que mal - dans ses réserves. Un des problèmes théoriques que affrontent les muséologues africains est de définir la place des arts africains dans un contexte mondial déterminé par la prééminence, tant idéologique que marchande, des canons esthétiques européens. Le regard européen a une attitude paradoxale. Elle privilégie d'une l'approche ethnographique déniant tout esthétisme autre que s'inscrivant dans une fonctionnalité extra-artistique : l'objet d'art africain n'existe pas en soi mais en fonction de son usage culturel ou cultuel. D'autre part, l'art traditionnel africain se voit appréhendé hors de son contexte sociologique et perçu, par les artistes ou critiques occidentaux, comme une œuvre d'art en soi, faisant l'objet de spéculation marchande. La tâche d'un musée d'Art en Afrique serait plutôt de rendre compte de la place nouvellement conquise d'artistes africains dans le marché mondial de l'art, et en quête d'une reconnaissance propre, échappant aux déterminations sociologiques de la tradition, ou de sa déviation touristico-exotique comme "curiosité". Directeur (jusqu'en 1995) du Muséu Nacional de Arte, Gilberto Cossa suggère que "l'art africain soit reconnu comme une structure communicative comparable à un idiome, résultant d'une symbiose entre la géographie, l'histoire, la race et l'ethnie. Plus comme un processus continu qu'un objet utilitaire parce qu'il intègre la religion"(1). Une telle définition de l'art peut être discutée, particulièrement en regard de la volonté d'artistes mozambicains d'échapper à ces déterminations culturelles, en se positionnant comme artistes (et non comme artisans) sur la scène internationale, épousant les circuits de reconnaissance et de diffusion propres au marché occidental. Il n'empêche que dans cette perspective comme dans l'autre, l'institution muséale occupe une place stratégique de première importance, en tant qu'instrument pédagogique et de divulgation, mais aussi comme lieu de reconnaissance sociale de la production artistique. A cet égard, le Mozambique a d'ores et déjà accompli les premiers pas décisifs d'un cheminement qu'il poursuit avec l'aide de la communauté internationale. P. Deramaix (1) O desenvolvimento du Museu Nacional de Arte e a problemática preservação do nosso legado cultural, Gilberto Cossa in Africa e Mediterraneo n°39-40, septembro 2002. p. 51 |
L'incontournable biennale des TDMla biennale des Télécommunications du Mozambique Le visiteur à Maputo a tout intérêt à se rendre au siège des Télécommunications du Mozambique. Cette entreprise a choisi d'encourager et de soutenir les artistes mozambicain, étant un des meilleurs exemples de soutien à l'art contemporain en Afrique. Les TDM ont acquis progressivement, par les soins du curateur André Salomão Mabjaia un patrimoine de 400 œuvres et organise tous les deux ans une biennale, accompagnée de la publication d'un catalogue soigné. Ouvert aux artistes mozambicains ou résidents au Mozambique, cet événement est une vitrine culturelle de l'Afrique australe.
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photographies : 2. artistes à Maputo, 1975 - extrait de "Frelimo, terceiro Congresso", éd.Institut Nacional du Livro e du Disco, 1978 |
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