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Chissano
est né en 1935 à Manjacaze. Fils de paysan, il fut gardien de bétail,
boy, cuisinier et mineur en Afrique du Sud. Après son service militaire
- de 1956 à 1958 - dans l'armée coloniale, il travaille comme domestique
dans une boutique et au " Nucléo de Arte ". C'est là qu'il se familiarise,
sous l'impulsion de Malangatana et de Antonio Quadros, avec la sculpture.
Sa première exposition individuelle eut lieu en 1964, début d'une carrière
prestigieuse. En 1993, la Fondation Chissano ouvre le Musée-Galerie Chissano.
Chissano se suicide en 1994.
Deux noms semblent
résumer l'art mozambicain : celui de Malangatana pour la peinture
et celui de Chissano pour la sculpture. Quiconque a vu l'entrelacement
des corps taillés dans le bois de santal, une bois dense, rougeâtre
ou mordorée et odoriférante, ne pourra oublier le nom de
Chissano. Héritier d'une tradition ancestrale (il pratiqua l'art
de guérison), son art s'enracine profondément dans la terre
mozambicaine, mais l'artiste se confronta, douloureusement peut-être,
à la modernité. Son oeuvre gigantesque, rassemblée
pour l'essentiel dans un musée aux abords de la capitale mozambicaine,
est multiforme. Chissano aimait expérimenter, et à l'instar
d'un "arte povera" qui lui est propre, il rassemblait des matériaux
naturels en des assemblages résolument post-modernes. Ce masque
à la touche très personnelle est une oeuvre tardive, peut
être l'une des dernières qu'il exécuta avant son suicide
en 1994.
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