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une sélection de nos articles

Le Pays

L'Histoire

Mozambique : terre d'espoir

une histoire tumultueuse

Le Mozambique compte une population extrêmement diversifiée sur le plan culturel et ethnique.

Il y a 13 langues nationales avec de nombreux dialectes parlés par 11 ethnies principales. Les langues principales sont eMakhuwa et eChuwabo, ciNyana et ciSena, ciShona; xiTsonga et xiRonga, ciYao, shiMakonde, ciNyungwe, ciCopi, giTonga, kiShwahiki. Aux cultures locales, il faux ajouter les influences étrangères et l'existence de minorités : influence arabe, sensible dans les régions côtières, imprégnation de la culture coloniale portugaise, existence d'une minorité indienne, musulmane mais aussi hindoue, et présence chinoise, quoique considérablement amoindrie à la suite de la décolonisation. Cette diversité culturelle reflète la longue et riche histoire des civilisations africaines qui surgirent durant les siècles précédant l'arrivée des commerçants Arabes et la pénétration du territoire par les entrepreneurs et prêtres portugais. Quand Vasco de Gama arriva sur la côte de Inhambane à la fin du 15e S, il trouva une société dynamique qui avait établi des liens commerciaux entre l'arrière-pays africain, le Moyen-orient et la Chine.

La côte mozambicaine fut proclamée colonie portugaise au milieu du 18e S avec comme capitale l'île du Moçambique, située au nord du pays. Les puissances européennes se partagèrent l'Afrique à la fin du 19e S, ce qui permit à l'armée portugaise de renforcer le controle de Lisbonne sur la plus grande partie du territoire mozambicain. Cependant les dernières poches de résistance armée ne furent réduites qu'au premier quart du 20e S, sans que disparaisse l'opposition anticoloniale qui aboutit à l'unification des mouvements nationalistes, en 1962, sous la bannière du Front de libération du mozambique (FRELIMO). Alors dirigé par Eduardo Mondlane. Après l'échec des premières négociations, le FRELIMO lança la lutte armée de libération en 1964 qui aboutit à l'indépendance dix ans plus tard. Eduardo Mondlane fut assassiné en 1969 par la police secrète portugaise, et Samora Machel fut élu second président du FRELIMO. En 1975, il devint le premier président de la jeune République populaire du Mozambique. Radical, populaire et doté un important charisme, il mobilisa la population dans une révolution sociale et politique, inspirée par le modèle soviétique et cubain : réformes agraires, nationalisation de l'enseignement, de la médecine et des immeubles, instauration d'un contrôle ouvrier dans la production, établissement de communes populaires. Mais l'autoritarisme dont le Frelimo fit preuve effraya dès la période de transition les coloniaux qui suscita un exode massif des couches sociales privilégiés, mais aussi les plus compétentes et isola les cadres urbanisés du régime des populations rurales du centre.

La coopération internationale et les appuis internationalistes ne suffirent pas à pallier les difficultés économiques alors que la guerre contre-révolutionnaire de la Renamo commençait dès les années 80 à ébranler les campagnes. De plus la détermination du Mozambique a soutenir et la lutte contre l'apartheid sud-africain et contre le régime rhodésien de Jan Smith imposa au pays une situation de guerre. Au plus fort de la tension, au cours des premières phases d'une négociation avec l'Afrique du Sud, l'avion qui transportait le président mozambicain et ses proches collaborateur s'écrasa de manière inexpliquée. Après le décès de Samora Machel, Joaquim Chissano devint le second président de la République, et le Mozambique entra dans une nouvelle phase de son histoire.

de la guerre à la paix

banlieue de Maputo

Nombreux sont ceux qui s'interrogent sur l'avenir d'un pays dont le passé fut intensément tragique. Si les dix ans de guerre d'indépendance, consécration d'une longue tradition de résistance à la colonisation, aboutirent à la décolonisation en 1975, les vingt années qui suivirent furent parmi les plus terribles que vécu le Mozambique. L'expérience socialiste mise en place par le FRELIMO (Front de Libération du Mozambique) n'a pu porter les fruits que l'on pouvait espérer de la décolonisation et des réformes économiques et politiques propres à une démocratie populaire. La destabilisation menée par les régimes racistes des pays voisins qui suscitèrent la formation de la Résistance Nationale Mozambicaine (RENAMO), mais aussi l'incapacité du gouvernement à susciter l'adhésion des populations rurales traditionnelles, destabilisée par la collectivisation, doivent être comptées parmi les causes de la guerre civile qui déchira cruellement le pays durant quinze ans. Par la terreur, mais aussi en s'appuyant sur une partie de la population rurale des provinces du Centre, la RENAMO réussit à contrôler une large part du pays et à épuiser le pays dans une guerre aux cruautés innombrables.

Cependant, tant en Afrique Australe que dans le monde, les rapports géopolitiques furent bouleversés par l'indépendance du Zimbabwé, par l'abolition du régime d'apartheid en Afrique du Sud, et par la chute de l'Union soviétique. Dans ce contexte, le FRELIMO abandonna sa doctrine marxiste et accepta une libéralisation économique et politique du pays. Les conditions pour des négociations et pour la paix furent réunies et débouchèrent sur le traité de Rome en 1992 qui mit fin à 17 ans de guerre civile. Les premières élections pluripartites se déroulèrent, sous le regard vigilant de la communauté internationale, en 1994 au terme duquel la population réitéra sa confiance au FRELIMO (44,3 % des sièges) mais où la RENAMO (33,8 % des sièges) confirma sa forte implantation dans diverses provinces (Manica, Nampula, Sofala, Zambezia et Tete). La paix rétablie, le gouvernement peut s'attacher à la consolidation de la stabilité et de l'unité nationale, à la réduction de la pauvreté et au développement économique sur une base libérale. Cette politique permit une relance économique et une baisse considérable du taux d'inflation, sans pouvoir cependant réduire les disparités de revenu (disparité cependant compensée par une importante économie informelle) et, malheureusement, sans éliminer la corruption.

des raisons d'espérer

Le Mozambique n’est pas inéluctablement condamné à la pauvreté. Ses potentialités sont énormes. Il est bien irrigué par de nombreuses rivières et pourvu de ressources naturelles et humaines nombreuses, comprenant terres et minéraux, ainsi qu’une longue région côtière, propice au développement touristique, portuaire et à la pêche. La politique économique tend à faciliter les investissements étrangers en éliminant les obstacles bureaucratiques.

Le Mozambique assure des facilités portuaires et de transit à ses voisins : Malawi, Zimbabwe, Afrique du Sud, Zambie, Swaziland... Ces pays font partie du Commonwealth auquel le Mozambique s’est intégré en 1997. L’assistance financière et économique apportée par le Commonwealth pourra être un atout pour le développement économique régional, à court terme et apportera à long terme une stabilité politique plus grande.

Le rétablissement de la paix en 1992 et les élections législatives et présidentielles de 1994 assurent une stabilité politique que confirme les dernières élections de 1999. Le Frelimo garde une majorité et la population continue à faire confiance au président J. Chissano. Personalité modérée et homme pacifique, Chissano pu sortir de l’état de guerre civile et rétablir la paix au Mozambique. Au cours des diverses élections, la stabilité politique se confirme, même si les scrutins sont parfois contestés. En décembre 2004, Armando Guebuza (Frelimo), un homme d'affaire pragmatique, fut élu président avec 64% des voix et le 28 octobre 2009, il est réélu dès le premier tour de scrutin avec 75 % des voix. La fin de la guerre et une politique économique orientée vers l’avenir font du Mozambique une pôle attractif d’investissement, de sorte que le Mozambique sort progressivement de sa situation d’extrême pauvreté. Sur le plan régional, le Mozambique cherche à s’engager dans une dynamique de coopération économique, de renforcement des échanges et des communications, de consolidation des acquis de la démocratie et de développement des ressources humaines. Cependant, s’il est permis d’espérer, le chemin reste long à parcourir.

Les inondations catastrophiques de 2000 ont causé une importante destruction de l’infrastructure économique dans les provinces de Gaza, d’Inhambane et de Sofala, annihilant pratiquement dix ans de développement rural. Par ailleurs, la croissance économique s’opère dans une logique d’intégration dans le système mondial et la population accuse les contrecoûts sociaux de la globalisation économique et de l’orientation libérale voulue par le FMI et la Banque Mondiale : ainsi 47 % des habitants de Maputo vivent dans la pauvreté absolue et la situation est pire dans les zones rurales. La pauvreté touche pratiquement les deux-tiers des habitants. Débrouillarde, la population est déterminée à sortir de la pauvreté tout en maintenant la paix civile. Sa subsistance repose largement sur une économie informelle qui n'est pas prise en compte dans les statistiques économiques officelles. Cependant, son avenir dépend aussi de la solidarité internationale : de nombreux projets de développement intégré sont mis en place à l'aide d'organisations non gouvernementales.


texte revu et actualisé en 2011