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Climat

El Nino frappe encore

Sécheresse à Tete

jeudi 28 mars 2002, par Patrice Dx

La sécheresse frappe à nouveau certains district de Tete (Sud du Mozambique). El Niño pourrait être en cause. Le gouvernement débloque une aide d’urgence aux 41.000 paysans touchés par la sécheresse

El Niño affecte-t-il le Mozambique ?

Pour le Ministère de l’Agriculture au Mozambique, c’est possible. Une équipe technique
examinent les liens possible entre la sécheresse qui frappe actuellement le sud et le centre du Mozambique et la résurgence de " El Nino ". Ce phénomène consistant en une élévation périodique de la température de surface des eaux de l’océan Pacifique, au large de Pérou, et se produisant selon un cycle de trois à sept ans est connu pour être la cause de perturbations climatiques touchant tout l’hémisphère sud, et ce y compris, l’Afrique.

El Nino a causé les précédentes sécheresses en Afrique en 1992, or les précipitations sont de nouveau anormalement basses dans la région. Ce qui amène Helder Muteia, Ministre de l’Agriculture, à annoncer lors d’une conférence de presse à une réunion du FARA [1] la mise sur pied de recherche qui seront poursuivies jusqu’à l’acquisition d’une certitude à ce sujet.

Selon le gouvernement, 41.000 personnes ont dû vendre tout leur stock de nourriture, leur récolte saisonnière étant pratiquement perdue, et seront confrontées à la famine.
" Ce qui rend la situation pire, ajoute le ministre, est que toute la région souffre de sécheresse. Même l’Afrique du Sud ressent la situation "
La sécheresse est plus sévère dans les trois provinces du Sud qui sont chroniquement en déficit alimentaire, contribuant à raison de seulement 10 % à la production de céréales.

A Tete : 100.000 personnes nécessitent d’une aide alimentaire

Plus de cent mille personnes auront besoin d’une aide alimentaire dans les prochains mois pour combler les pertes importantes dans les zones cultivées en raison de la rareté des pluies.
Le gouverneur de la province, Tomas Mandlate, expliqua que la province a besoin d’au moins 1908 tonnes de céréales, de 152 tonnes de haricots pour être à même de produire mensuellement 10,5 kg de céréales et 1,5 kg de haricots pour chacune des familles nécessiteuses.

Une équipe multidisciplinaire, comprenant des cadres du National Disaster Management institute, du World Food Programme, du Ministère de l’Agriculture et de la santé, a récemment visité la province pour se rendre compte de la situation. Entretemps, le INGC n’a pu confirmer le rapport selon lequel 45 personnes seraient mortes de faim dans le district de Memba et Monapo, dans la province de Nampula. Le chef du Département de planification de l’INGC, Joao Zamissa, dit que " dans ce cas, il n’y a pas d’indications claires que ces décès étaient dûs à la faim ", trouvant étrange que si ces décès étaient causés par la famine, ils se " soient produits soudainement ". " Nous savons qu’il y a des zones chroniquement vulnérables, mais le long de la côte de Nampula mais il y a des mécanismes de survivance, variant d’une place à l’autre ", ajoute-t-il. Suite à l’alerte, l’INGC a acheminé 80 tonnes de maïs et 20 tonnes de haricots pour distribution dans les zones affectées, selon les priorités définies par le gouvernement provincial de Nampula.

Plan de production alimentaire en cas de sécheresse

Pour compenser les pertes de milliers d’hectares de maïs, le Ministère de l’Agriculture propose des techniques simplifiées de production qui tirent avantage du plus haut niveau d’humidité dans les régions basses, de système d’irrigation à petite échelle et de distribution rigoureusement planifiée de semences pour la seconde saison de plantation. Le ministre Muteia dit que dans les cas les plus sérieux de rupture de stock, il est prévu de recourir au programme " nourriture pour du travail ". En effet, un programme d’aide alimentaire mal conçu risque d’entraîner " une rupture des pratiques traditionnelles de production et des procédures ". Pour répondre aux besoins de 41.000 familles et pallier la perte de 50 à 70.000 ha de maïs, le ministère de l’agriculture a débloqué un fond de 600.000 dollars, dans un premier temps, pour aider les paysans dans leur 2me saison de plantation. Pour le ministre, c’est aux autorités provinciales qu’il incombe de préciser les besoins locaux en semences, pour la réhabilitation de systèmes d’irrigation, et l’usage des ressources disponibles.


Source : Mozambique New Agency, n° 228 - 27 mars 2002


[1African Agricultural Research Forum