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Mouvement paysan au Mozambique

Défendre l’agriculture paysanne en profitant des opportunités des crises internationales actuelles

un article de Ronald Colbert, du Réseau alternatif Haitien d’information

samedi 25 octobre 2008

Matola (Maputo, Mozambique), 22 oct. 08 [AlterPresse] --- Le mouvement international paysan Via Campesina se déclare déterminé à mobiliser ses organisations membres vers une production agro-écologique et durable, sans pesticides ni organismes génétiquement modifiés, mais basée sur les connaissances paysannes et indigènes.

Voir en ligne : Réseau alternatif haitien d’information

mercredi 22 octobre 2008, par Ronald Colbert, De notre envoyé spécial

Dans une déclaration dite de Maputo, à paraître ce mercredi 22 octobre 2008 et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse, les 500 participantes et participants délégués à la Ve conférence internationale de Via Campesina réaffirment leur détermination à faire face à l’offensive du capitalisme dans les campagnes, notamment à la convergence, dans le contexte mondial actuel, des multiples crises : alimentaire, climatique, énergétique et financière.

«  Nous ne devons pas seulement parier sur les quelques gouvernements locaux et nationaux plus progressistes [qui] ont commencé à chercher des solutions alternatives  » devant les « souffrances incalculables » provoquées par les crises actuelles chez « nos peuples », avertit Via Campesina.

Tout en suggérant la consolidation des capacités organisationnelles pour profiter de ces crises, le mouvement international paysan se propose de développer une méthodologie de travail incluant un dialogue critique et constructif pour parvenir à des réussites dans la mise en œuvre de la souveraineté alimentaire avec les gouvernements identifiés comme agissant dans la même perspective.

«  Nous devons construire la souveraineté alimentaire depuis la base, sur les territoires et les autres espaces contrôlés par les mouvements populaires, les peuples indigènes, etc. Nous devons également profiter des espaces internationaux « d’intégration alternative », comme l’alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba) et Petrocaribe, pour avancer sur ce terrain  » [de la souveraineté alimentaire] , lance la Via Campesina.

La construction d’alliances naturelles et stratégiques avec les mouvements et organisations partageant la même vision (« les paysannes et paysans ne peuvent pas gagner seuls les luttes pour la dignité, pour un système alimentaire et agraire plus juste, et rendre possible un autre monde meilleur »), des actions ciblées pour vaincre toutes les formes de violence (physique, économique, sociale, machiste, celle de la différence de pouvoir et celle culturelle), envers les femmes dans les sociétés - qui sont présentes dans les communautés rurales « et ainsi dans nos organisations » - , la reconnaissance de l’importance de la pleine insertion et de la participation créative des jeunes (à tous les niveaux de lutte) pour changer le modèle dominant dans les campagnes qui ne leur offre aucune alternative, la consécration interne du mouvement dans la formation politique, le renforcement des capacités, ainsi que l’amélioration de la communication et la nécessité de structures organiques entre Via Campesina et ses alliés, les efforts pour réunir différentes cultures et modes de pensée autour d’une même lutte de résistance pour la vie et l’agriculture paysannes, figurent parmi les initiatives envisagées entre 2008 et 2012, avant la tenue de la VI e conférence du mouvement international paysan.

Les 500 participantes et participants délégués (dont d’Haïti) à la Ve conférence internationale de Via Campesina à Matola (Maputo, Mozambique) disent se compromettre ensemble dans la défense de l’agriculture paysanne, de la souveraineté alimentaire, de la dignité et de la vie, par leur capacité d’analyse et de transformation des réalités auxquelles ils sont confrontés.

De telles réalités trouvent leur expression, note Via Campesina, dans la manifestation des crises actuelles qui trouvent leurs origines communes dans le système capitaliste et, plus récemment, dans la dérégulation effrénée de ses domaines d’activité respectifs d’activité économique, donnant la priorité au commerce et au profit.

Via Campesina insiste sur l’éclairage, issu de sa réflexion, selon lequel les entreprises transnationales et financières constituent les plus importants de ses ennemis communs, dont il faut tenir compte du rôle central pour orienter des actions directes en vue de nourrir le monde, les familles et les peuples avec des aliments sains et accessibles.

« D’ailleurs, [ces entreprises transnationales et financières] sont derrière les autres ennemis du monde paysan, comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (Fmi), l’Organisation mondiale du commerce (Omc), les accords de libre échange (Ale) et les accords de partenariat économique (Ape), ainsi que l’expansionnisme économique agressif, l’impérialisme et le militarisme  ».

Via Campesina affirme reconnaître une relation intime entre le capitalisme, le patriarcat, le machisme et le néolibéralisme au détriment des paysannes du monde entier.

«  Dans les régions rurales du monde entier, nous avons vu une offensive féroce du capital et des entreprises multinationales sur l’agriculture et les biens naturels (eau, forêts, minerais, biodiversité, terre, etc.) qui se traduit par une guerre d’expulsion contre les populations paysannes et les peuples indigènes, en utilisant des prétextes fallacieux comme les arguments erronés qui soutiennent que les agrocarburants sont une solution à la crise climatique et énergétique, alors que la vérité montre le contraire  », relève le mouvement international paysan.

L’agriculture paysanne refroidit la planète, avait avancé, en 2004, Via Campesina qui a décidé d’élaborer des stratégies et actions, au sein de sa nouvelle commission de travail sur les migrations et les travailleurs ruraux, face au déplacement de populations rurales, lequel, consécutif au modèle néolibéral, provoque le déplacement massif de personnes.

«  Quand les peuples exercent leurs droits et résistent à cette expulsion généralisée, ou quand ils sont obligés de grossir les flux migratoires, la réponse est toujours : plus de criminalisation, plus de répression, plus de prisonniers politiques, plus d’assassinats, plus de murs de la honte (élevés par les Etats-Unis d’Amérique) et plus de bases militaires  », s’inquiète Via Campesina qui doit conclure ce mercredi 22 octobre 2008 sa Ve conférence internationale à Matola

(Maputo, Mozambique). [rc apr 22/10/2008 12 :30 heure locale à Maputo]

Ronald Colbert [AlterPresse - Haiti]

P.-S.

source :

alterpresse - l’article est reproduit avec l’autorisation de Alterpresse.

article reproduit aussi par le : comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde


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