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Pendant la guerre civile, John Mc Cain appuyait la Renamo

jeudi 6 novembre 2008, par Patrice Dx

Selon un site web américain pro-démocrate, John Mc Cain, le candidat républicain à la présidence des USA, n’a pas ménagé son appui à la Renamo, alors qu’il menait une guerre civile particulièrement cruelle au Mozambique.

Créée en 1977 par les services secrets rhodésiens, appuyée et financée par le régime sud-africain d’apartheid, la Renamo s’opposait par la terreur, durant la décennie 1980, au gouvernement mozambicain.

A cette époque les USA, sous l’administration de Ronald Reagan, se refusaient à soutenir la Renamo en raison de son comportement terroriste. Il n’en fut pas de même de la part de John Mac Cain.

Ainsi "the Huffington post" - un blog prodémocrate - révèle que Mc Cain fut un des sénateurs qui se sont joint à la tentative de Jesse Helm, raciste notoire de Caroline du Nord, d’empêcher la nomination d’un nouvel ambassadeur pour le Mozambique et exigeant que l’administration américaine maintienne des conversations avec la Renamo.

Parce que la tactique sanguinaire de la Renamo était bien connue aux USA, Ronald Reagan n’a pas adopté à l’égard du Mozambique la politique qu’il avait adoptée en Amérique latine, notamment au Nicaragua où la CIA a financé et appuyé les "contras".

En fait, c’est en conséquence du pacte de non-agression conclu entre le Mozambique et l’Afrique du Sud et l’abandon par le Frelimo de la doctrine marxiste, que l’administration Reagan décida de maintenir de bons contacts avec le Mozambique et même de lui fournir une aide militaire "en équipement non létal" dans sa lutte contre la Renamo.

Une des pires atrocités commises par la Renamo fut le massacre de 424 civils à Homoine en 1987, qui fut attestée par un missionnaire nord-américain, Mark van Koevering. L’année suivante, le sous-secrétaire d’Etat aux affaires africaines, Roy A Stacey considérait la Renamo coupable "d’un des holocaustes les plus brutaux commis contre les êtres humains depuis la seconde guerre mondiale".

Ainsi même l’administration ultra-conservatrice de Ronald Reagan était réticente à appuyer ce qu’il faut bien appeler une organisation terroriste, il n’en était pas de même de certains républicains ultra-droitiers. John Mc Cain était l’un de ces 24 sénateurs républicains qui appuyèrent la tentative de Jesse Helm de faire obstacle à la nomination d’un ambassadeur favorable au Mozambique.

A cette époque, le massacre de Homoine était parfaitement connu et l’on ne pouvait de prévaloir d’une ignorance des crimes commis par la Renamo.
Certes, on peut (et l’on doit) reconnaître qu’avec le rétablissement de la paix, la Renamo, de mouvement armé, s’est transformé en parti politique "normal", respectant tant bien que mal (plutôt mal que bien) les règles du jeu démocratique... et qu’il conviendrait au nom de la réconciliation nationale mozambicaine qu’on ne réveille pas ces souvenirs douloureux, mais il est piquant de relever, comme le fait l’auteur de l’article du Huffington post, que Mc Cain, qui accusait Obama d’avoir eu des liens de jeunesse avec un militant des “Weather Underground” (un mouvement extrémiste d’ultra-gauche), avait moins de scrupule durant l’ère Reagan.

Contrairement à son adversaire républicain, B. Obama, s’il admet de renouer contact avec des Etats catalogués par l’administration Bush comme "terroriste", se refuse à prendre contact avec des organisations terroristes comme le Hamas.


Sources :
"Durante o “apartheid” : John McCain apoiou a Renamo", Noticias, 28 octobre 2008

"McCain Urged Reagan Admin To Meet Terror Groups Without Pre-Conditions" par Jacob Alperin-Sheriff dans Huffington post