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élections municipales

Le Frelimo confirme sa domination politique

mardi 25 novembre 2008, par Patrice Dx

Les résultats des élections municipales du 19 novembre 2008 viennent de nous parvenir. Ils confirment la très forte domination du Frelimo, seul parti avec la Renamo, à se présenter dans l’ensemble des 43 municipalités du Mozambique.

Voir en ligne : Bulletin sur le processus politique, par J. Henlon

Depuis la fin de la guerre civile, le Mozambique s’est engagé dans un processus démocratique attentivement suivi par les observateurs internationaux. En effet, le respect des règles démocratiques est une condition indispensable au maintien de la paix civile et du développement social et économique du pays.

Bien que d’intérêt local, les élections municipales sont un indicateur précieux des tendances politiques ainsi que la conscience civique de la population.

Globalement, la campagne s’est déroulée dans le calme et avec civisme. Dans plusieurs localités, les partis concurrents Frelimo et Renamo avait conclu un accord de bonne conduite afin d’éviter la répétition des incidents qui eurent lieu lors des élections précédentes. Cette année, les violences furent rares et localisées : quelques échauffourées suivies d’un nombre limité de détentions furent signalées. Dans la plupart des cas, les campagnes furent menées dans une ambiance festive où chants et danses avaient la part belle lors des réunions publiques. Par ailleurs les candidats limitèrent les frais de campagne électorales qui furent qualifiées de "matériellement pauvres" : caravanes de voitures, discours et meetings publics et le porte à porte.

Contrairement aux élections municipales de 1998 et 2003 où les thématiques nationales prédominaient, les campagnes présentes furent centrées sur des problèmes locaux de gestion : récolte des ordures (souvent déficientes dans les villes), organisation et hygiène des marchés municipaux, amélioration de la voirie et des transports publics ... les promesses étaient nombreuses, moins nombreuses étaient les propositions pour accroître les recettes budgétaires nécessaires pour tenir lesdites promesses.

Frelimo et Renamo étaient les partis les plus visibles lors des campagnes, le Frelimo gagnant d’ailleurs en capacité de mobilisation et en compétence organisationnelle. Mais en fait 9 partis et six listes locales se présentaient à ces élections. On doit mentionner à Beira le candidat indépendant Daviz Simango (il fut expulsé de la Renamo en septembre), qui s’est présenté avec succès dans cette ville avec l’appui du Groupo de Réflexão e Mudança, organisation citoyenne indépendante.

La participation des femmes reste faible : des 111 candidats à la présidence des 43 conseils municipaux, il n’y a que 7 femmes, dont 3 membres du Frelimo,

Selon les résultats (provisoires) publiées le 23 novembre, il apparait que le Frelimo gagne haut la main 41 municipalités sur 43. Beira reste aux mains du candidat indépendant Daviz Simango, qui obtient plus de 79.000 voix contre 43.304 pour le Frelimo (L. Bulha) et à peine 4731 voix pour la Renamo. A Maputo, le Frelimo domine largement avec plus de 230.000 voix la Renamo qui n’atteint pas 40.000 voix. Les cinq autres formations politiques n’obtenant que des résultats dérisoires.

La défaite qualifiée de "honteuse" de la Renamo n’empêche pas le leader de ce parti, A. Dhlakama, d’attribuer son échec à l’organisation, par le Frelimo, du transport par camion vers les villes de milliers d’électeurs issus de la brousse, électeurs acquis au Frelimo et ayant obtenu, de la part des présidents des bureau de vote (supposés sympathisant du Frelimo) l’autorisation de voter. De même, des allégations de fraude furent formulées dans certaines localités dont l’île du Mozambique. Dans quelques localités des provinces de Nampula ou Zambezia les résultats sont plus favorables à la Renamo, et notamment à Gurué (Zambezia) et Nacala porto (Nampula), où la Renamo atteint quasiment 50 %

Maîtrisant parfaitement le jeu politique, le Frelimo, qui tient les rennes depuis l’indépendance et adopte actuellement un programme politique social-démocrate, bénéficie de son expérience politique dans la mobilisation populaire. Le succès de Daviz Simango à Beira témoigne qu’une formation indépendante est capable de s’assurer le soutien populaire. Reste à savoir comment le Frelimo, à la tête de pratiquement toutes les municipalités, pourra résoudre les innombrables difficultés urbaines qui résultent de la pauvreté et contribuera à sortir les populations rurales du sous-développement.


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