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biodiversité

Des richesses insoupçonnées au Mozambique

des naturalistes explorent le mont Mabu

mercredi 31 décembre 2008, par Patrice Dx

Une équipe scientifique menée par le botaniste Jonathan Timberlake explore une région méconnue du Mozambique et découvre plusieurs espèces méconnues jusqu’à présent.

L’équipe de Jonathan Timberlake, du British Royal Botanic Gardens (Kew, Royaume-Uni), travaille depuis longtemps sur la faune et la flore du Mozambique, constituant notamment une flore de la vallée du Zambèze et agissant pour la conservation des ressources naturelles.

En quête de région encore intacte, l’équipe a utilisé Google Earth pour prospecter et sélectionner des régions préservée des activités humaines, potentiellement riches en flore et en faune. Le Mont Mabu, dont le sommet culmine à 1700 m, est à cet égard une région exceptionnelle. La région a en effet été désertée à la suite de la guerre civile, qui a dévasté les villages voisins. Une expédition a été montée en 2007, regroupant une équipe internationale de 28 scientifiques, dont des chercheurs mozambicains de l’Institut de recherche agronomique , ainsi que 70 porteurs, renouant avec la tradition des grandes explorations naturalistes du siècle passé.

Arrivés sur place, les naturalistes purent constater l’étonnante biodiversité de ce "paradis perdu" : antilopes, singes Samango, musareignes-éléphants, caméléon-pygmées, de multiples espèces d’oiseaux rarissimes, des centaines de papillons tropicaux fréquentent les flancs de ces montagnes. Bien plus, des espèces méconnues jusqu’à présent furent découvertes dont une vipère Atheris.

D’autres régions montagneuses furent aussi prospectées, dans le cadre d’une campagne de préservation de la nature, dont le mont Namuli, près de Gurué, petite ville qui fut jadis le haut-lieu de la culture du thé. Aujourd’hui, la région est en boom économique et les implantations sauvages - routes, habitations, boutiques, fabriques - se multiplient dans une ambiance quelque peu "far-west", et grignotent la forêt avoisinante. C’est dire l’importance de la conservation de ces monts parfois convoités par les prospecteurs miniers. les recherches effectuées ont permis de constater que la faune et la flore du Mozambique reste largement inexplorée et peu connue et l’on peut se féliciter des recherches et découvertes effectuées.

Google Earth devient de plus en plus un outil de prospection de zones peu connues, il faut cependant espérer qu’il ne serve pas à un "tourisme" incontrôlé, permettant à des collectionneurs ou des pilleurs peu scrupuleux de perturber, voire d’épuiser, des écosystèmes fragiles. De même, la recouversion des forêts en zones cultivée reste un danger constant pour la biodiversité. Les chercheurs comptent s’appuyer sur leurs découvertes pour encourager le gouvernement mozambicain à faire du Mont Mabu une réserve protégée.

sources :

moutain mission :document pdf extrait de Kew revieux, hiver 2007

galerie de photos publiées dans the Guardian 21-12-2008

Google Earth used to find new species
mongabay.com

biographie de Jonathan R. Timberlake, in Akula.org

Darwin 15/036 : Monitoring and Managing Biodiversity Loss in South-East Africa’s Montane Ecosystems

Un monde perdu découvert... sur Google Earth
Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences


- le Mont Mabu se trouve à 16°17’56.00" S 36°23’44.00" E.