INFO-MOÇAMBIQUE
Accueil du site > INFOS > Politique > Victoire de Guebuza, le Frelimo domine la scène politique

élections

Victoire de Guebuza, le Frelimo domine la scène politique

l’hégémonie du Frelimo inquiète les pays donateurs

vendredi 13 novembre 2009, par Patrice Dx

Les élections législatives et présidentielles viennent de s’achever et les résultats publiés par le CNE confirment la domination du Frelimo. Le président Armando Guebuza (Frelimo) est reconduit pour un nouveau mandat de 5 ans. la Renamo, dirigé par Dhlakama, subit une défaite écrasante tandis que le MDM (Mouvement Démocratique Mozambicain) parti fondé à Beira par Daviz Simango se voit évincé.

Sous la surveillance d’observateurs internationaux et du Centre d’Intégrité publique, qui bénéficiait de la collaboration d’une centaine de correspondants locaux, la campagne électorale s’était déroulée dans une relative sérénité, voire indifférence, en dépit de divers incidents - harcèlements, rixes, obstruction diverses - impliquant le Frelimo ou des opposants. On a déploré l’usage récurrent, de la part du Frelimo, de véhicules officiels ou appartenant à l’Etat dans la campagne électorale, une volonté systématique d’obstruction à l’égard du parti émergent, le MDM, et une absence de conscience civique tant de la population que des partisans.

Mis à part le Frelimo et la Renamo, quelques autres formations politiques, quelques autres formations politiques présentaient des candidats. Parmi eux, le Mouvement Démocratique Mozambicain (MDM) fondé à Beira par un dissident de la Renamo, Daviz Simango, populaire dans sa région en raison d’une gestion rigoureuse de la ville de Beira. Parce qu’il n’avait pu présenter la totalité des documents administratifs nécessaires pour valider leur candidats, le MDM n’a pu présenter une liste, pour les législatives, qu’à Maputo-capitale et dans trois provinces, Inhabane, Sofala et Niassa.

Les élections ont été validées par le CNE (Conseil National Electoral) et les observateurs internationaux estiment que "la campagne fut relativement calme et le vote bien géré", "malgré que persistent encore quelques points préoccupants" (1).

Les résultats indiquent une victoire sans équivoque du Frelimo, au point que certains commentateurs se demandent pour quelle raison ce parti s’est tant acharné à évincer ses concurrents, parfois de manière peu civique, alors qu’il était de toute manière assuré de la victoire.

Globalement les chiffres, selon les résultats publiés le 11 novembre par la Commission national des élections - donnent pour les élections présidentielles :

8,64 % de voix pour D.Simango ; 75,46 % pour A. Guebuza, et 16,51 % pour A. Dhlakama

Pour les législatives, le Frelimo domine l’Assemblée de la République avec 191 sièges, la Renamo obtient 51 sièges et le MDM, 8 sièges seulement. Ce dernier parti n’a pu se présenter que dans trois provinces et à Maputo capitale. Il est significatif de constater que Simango devance Dhlakama dans plusieurs provinces et à Maputo. Le MDM confirme sa popularité dans la province de Sofala et c’est dans les provinces de Zambezia et Nampula que Dhlakama témoigne de plus de popularité, sans toutefois dépasser, de loin, A. Guebuza. Le taux de participation est faible : il est en moyenne de 44 %, et atteint dans certaines provinces un maximum de 65 % tandis que dans d’autres, seulement 33 % des citoyens se sont présentés aux urnes.

La Renamo écrasée, le MDM évincé et peinant à sortir de la marginalité, le Frelimo, et son leader A. Guebuza, se voit donc le grand vainqueur des élections. Cependant la participation électorale s’avère très faible et permet de relativiser l’influence de ce parti sur une population de plus en plus désenchantée. En effet, l’essentiel des ressources économiques se sont concentrées aux mains d’une élite socio-économique dont fait d’ailleurs partie Armando Guebuza, homme d’affaire considéré comme un des plus riches du Mozambique, où plus de 90% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.

L’hégémonie du Frelimo, artisan de l’indépendance, jadis formation marxiste mais reconverti au libéralisme économique et resté leader du pays depuis l’instauration d’un régime pluri-partidaire, inquiète certains pays donateurs, qui déplorent le peu de transparence du processus électoral, et pourraient réviser leur politique de coopération.


(1) Déclaration du Groupe d’observateurs du Commonwealth (document pdf, en portugais)

(2) voir Bulletin électoral publié par le CIP (Centre d’Intégrité publique) et AWEPA (European Parliamentarians for Africa) Résultats officiels par province

P.-S.

sur les élections et la vie politique mozambicaine, on peut lire le Bulletin political process et Elections 2009 Mozambique. On y trouvera les résultats détaillés et les déclarations des observateurs internationaux.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette