INFO-MOÇAMBIQUE

Accueil > CONNAITRE > Société > Qui est Daviz Simango ?

personnalités politiques

Qui est Daviz Simango ?

vendredi 13 novembre 2009, par Patrice Dx

Lors des élections locales de 2008, on constata l’émergence d’une force politique nouvelle en la personne de Daviz Mbepo Simango. Dissident de la Renamo, il se présenta sous sa propre liste, le Mouvement Démocratique Mozambicain, à Beira et obtint plus de 60 % des voix, ce qui lui permis de siéger comme président du conseil municipal de cette ville. Sa formation politique pourrait représenter une alternative permettant d’échapper à la bipolarisation de la scène politique mozambicaine. Mais qui est Daviz Simango ?

Daviz Simango est le fils de Uria Simango, qui fut, lors de la lutte pour l’indépendance, un des cofondateurs et vice président du Frelimo jusqu’à l’assassinat de Eduardo Mondlane en 1969. Uria Simango fut rapidement évincé de la direction du parti par la nouvelle direction marxiste (Samora Machel et Marcelino de Santos) et sera, peu après l’indépendance, arrêté et secrètement exécuté.

Ingénieur civil, Daviz Simango s’engagea sur la scène politique dans les rangs du Partido de Convenção Nacional (PCN) et de la Resistência Nacional Moçambicana (RENAMO) et fut élu président du Conseil municipal de Beira en 2003 et obtint 3 ans après un prix décerné par la revue "Professional Managment Review-Africa" pour son efficacité et sa rigueur dans la gestion de cette ville. Lors des élections locales (dites autarciques) en 2008, la Renamo choisit de présenter un autre candidat. A la demande de ses électeurs, Daviz Simango se présente sur une liste indépendante et obtint une victoire significative en obtenant plus de 61 % des voix.

En mars 2009 il fonde le Movimento Democrático de Moçambique (MDM) et se présentera aux élections présidentielles et législatives de novembre 2009. constatant les carences de la Renamo. Se voulant une force d’opposition démocratique contrebalançant le pouvoir quasi hégémonique du Frelimo, le MDM préconise une gestion décentralisée du pays, garantissant la liberté économique et politique, et luttant contre la corruption et le népotisme.

S’opposant à un Frelimo qui bénéficie d’une majorité écrasante et concurrençant la Renamo, le MDM peinera toutefois à asseoir sa position au niveau national. Lors des élections législatives de 2009, les listes de ce parti se voient écartées dans la plupart des provinces du pays parce que, négligence ou inexpérience, les formalités nécessaires à la présentation des candidatures n’auront pas été respectées dans les délais impartis. Ainsi le MDM n’est présent aux élections législatives que dans les provinces de Sofala, Inhambane, Niassa et dans la ville de Maputo. Cette formation obtient pour les législatives près de 23,5 % de voix à Sofala, surpassant à peine la Renamo (22,6 %) et restant dominé par le Frelimo (51 %). A Maputo (ville), le MDM est crédité de 16,2 % de voix. A Niassa et Inhambane, le MDM reste surpassé par la Renamo.
La candidature de Simango à la présidence de la République rencontrera des résultats analogues à ceux du MDM : à Sofala, il surpasse avec peine A. Dhlakama (Renamo) et reste largement dominé par A. Guebuza.

L’expérience politique de Daviz simango semble n’avoir porté ses fruits qu’à un niveau local, à Beira, où l’électorat reconnait la qualité d’une gestion rigoureuse des bien publics, cependant, au niveau national, le MDM doit affronter l’expérience et la pugnacité du Frelimo, qui tient sans partage les rennes depuis l’indépendance du pays. D’autre part, on peut se demander si l’hégémonie de fait du Frelimo, dirigé par un président efficace et déterminé, ne suscite pas la tentation de renouer avec des pratiques propres aux régimes monopartidaires, et ce d’autant plus facilement que, depuis la libéralisation économique, la politique se conjugue au Mozambique avec un certain affairisme.