INFO-MOÇAMBIQUE
Accueil du site > INFOS > Divers > Troubles à Maputo

crise

Troubles à Maputo

jeudi 2 septembre 2010, par Patrice Dx


Conséquence de la crise économique, de la hausse du blé et de la dépréciation de la metical par rapport au rand, le gouvernement a annoncé plusieurs augmentations des tarifs de fourniture d’électricité et d’eau, mais aussi du pain, dont le prix s’accroît de 25 %. Ces mesures frappent drastiquement une population en majorité très pauvre. Elles ont suscité ce premier septembre de graves émeutes dans la banlieue de Maputo.

Des groupes informels de jeunes, dont des écoliers et des lycéens, mais aussi des chômeurs et des individus qualifiés de "douteux", se sont rassemblés à Maputo et à Matola, et ont commencé à bloquer les routes, se livrant à des actes de vandalisme et saccageant commerces, bus et bâtiments publics.

Le matin, les manifestants bloquaient les routes à la périphérie de Maputo et celle menant vers l’aéroport, faisant des barricades de pneus enflammés,

La répression policière fut musclée et l’on a enregistré officiellement plusieurs morts - on parle de six décès - et plusieurs dizaines de blessés. En majorité des civils, blessés à la tête, mais aussi des policiers.

On accusa la police d’usage non autorisée de balles réelles, faisant plusieurs victimes, y compris des enfants ou des adolescents, et les hopitausx enregistraient plusieurs décès et de nombreux blessés.

D’autre part, les émeutes ont provoqué la fermeture de l’aéroport et la paralysie quasi totale de la cité. Il s’avère que les manifestations étaient spontanées, les manifestants se concertant pas téléphone portable.

Le gouvernement s’est plaint de ne pas avoir d’interlocuteur crédible et lors de sa première apparition publique, vers 14 heures, le ministre de l’intérieur qualifia les émeutiers de "bandits", ce qui exacerba la colère de la population L’opposition (la Renamo) réclame la démission du ministre de l’intérieur tandis que le président Guebuza appelle la population au calme, l’exortant à "dissuader les naifs, à maintenir la vigilance. et à dénoncer aux autorités les agitateurs qui se retrouve à préparer ou organiser des actions contre la loi, l’ordre et la tranquilité publique" et soulignant "les progrès enregistrés dans la mise en oeuvre de plans de production d’aliments, de distribution d’eau et d’assainissement du milieu, dans les transports et les communications, la santé et l’éducation, et dans l’amélioration des routes", fruit du travail des mozambicains.

Si le calme et l’ordre sont indispensables pour gagner la confiance des investisseurs et permettre la croissance économique, est indéniable la fracture sociale entre une minorité bénéficiaire de la croissance et une population vivant dans la précarité et la pauvreté, touchée de plein fouet par la crise économique et l’insécurité qui règne dans la métropole.

sources :

Noticias : quotidien pro-gouvernemental

Savana : quotidien d’opposition

Canalmoz : site d’information on line

Le Nouvel observateur : "les émeutes de la faim ont fait au moins 7 morts"


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette