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photographie

Ricardo Rangel : témoin du Mozambique

dimanche 28 octobre 2012, par Patrice Dx

Ricardo Rangel (1924-2009) est incontestablement le plus grand photographe mozambicain. Témoin implacable de la société coloniale, il en dénonçait la violence à travers ses photographies, il fut aussi le peintre de la vie nocturne de Lourenço Marques.

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Ricardo Rangel

Il s’initia à la photographie dans les années 40 et commença sa carrière comme photographe de presse, au journal Noticias de tarde, puis au principal quotidien du Mozambique, le Noticias. En, cette époque coloniale, il était le premier journaliste de couleur du pays. Il travailla pour plusieurs journaux jusqu’en 1970 où il fonda, avec quelques autres journalistes, la revue hebdomadaire « Tempo », dont les opinions anticolonialistes ne manquèrent pas d’attirer l’attention de la redoutable police politique, la PIDE. A maintes reprises, Rangel vit ses photographies détruites ou interdites par la censure portugaise.

A l’indépendance, il poursuit son activité à Tempo, qui devient un des organes de presse officiels de l’Etat socialiste, tout en jouant un rôle de premier plan dans la formation de jeunes photographes mozambicains : il fonde une école de photographie, le Centre de Formation photographique, unique en son genre en Afrique ; il assure la direction de l’Association photographique mozambicaine ; et est reçu comme Docteur honoraire en sciences sociales à l’Université Edouardo Mondlane.

On peut considérer Ricardo Rangel comme un des maîtres de la photographie humaniste, témoin de son temps. Il n’hésite pas à dénoncer la misère, le racisme et la violence structurelle du régime colonial. Une de ses photographies les plus connues est celle d’un enfant, gardien de boeufs au service d’un colon portugais, qui fut marqué au front, au fer rouge, pour avoir égaré du bétail ?

A ce titre il est proche de l’esprit de l’agence Magnum. Il inspire nombre de photographes mozambicains, dont Santimano et Kok Nam, et contribue à former un courant socialement engagé de la photographie africaine.

Beaucoup de ses photographies témoignent de la vie nocturne. Sa série « notre pain de la nuit », qui le fait connaître à l’étranger, est consacrée aux prostituées qu’il aborde avec humanité des quartiers chauds de Lourenço Marques, dans les années 1960. Ricardo Rangel était aussi passionné de jazz : il vivait du jazz et pour le jazz. Passionné par la vie, jovial, plein d’humour, indépendant et incorruptible, il était incroyablement productif avec une sensibilité à fleur de peau à l’égard de la condition humaine, souvent difficile, en son pays.

Son oeuvre est internationalement reconnue, en témoignent les nombreuses expositions qu’il organisa, en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis

Filmographie

- NO FLASH. Homage to Ricardo Rangel (1924–2009) directed by exhibition curator Bruno Z’Graggen with camerawork by video film-maker Angelo Sansone

- Ferro em Brasa (Branding Iron), de Licinio Azevedo. LX Filmes & ÉBANO Multimédias, Maputo

sur le web

- Illuminando vidas : sur la photographie mozambicaine 1951-2001

- Afronova : Ricardo Rangel et Mauro Pinto

P.-S.

source des illustrations : Ricardo Rangel à Afranova Gallery

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