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Renamo

Graves incidents entre la RENAMO et les forces de police

lundi 8 avril 2013, par Patrice Dx

Ce 4 avril le poste de Police de Muxúngue ( District de Chibabava, province de Sofala ) fut attaqué par un groupe armé appartenant au parti d’opposition RENAMO (Résistance Nationale mozambicaine). Au cours de cette confrontation, où s’échangèrent de part et d’autre des coups de feu, quatre policiers furent tués et neuf autres furent blessés. La riposte policière causa la mort de plusieurs des assaillants et d’un de leur commandant, Rasta Mazembe.

A l’origine de cet incident inquiétant une action policière la tenue d’un camp organisé par la RENAMO qui inquiétait la population locale. Le camp avait lieu sur une ancienne base de la Renamo utilisée lors de la guerre civile et le bruit courait que des armes y étaient cachées. Selon le ministère de l’Intérieur , on «  a observé une concentration d’hommes armés appartenant à la RENAMO installant des camps et préparant des actions militaires tout près des sièges de districts et de localités, notamment celle de Gondola et de Muxungue, sous couvert d’activités politiques et de préparation de séminaires. » et que « ces groupes perpétuent des actes de désordre public en procédant à des contrôles d’identité et des fouilles auprès de citoyens vaquant à leurs occupations ordinaires, comme s’il s’agissait des autorités publiques de l’Etat » et « s’adonnent à des exercices militaires (1) ».

Devant l’échec de négociations pour une évacuation pacifique des quelques 150 militants de la Renamo qui tenaient à Muxúnguè leur campement, la police décida d’intervenir par la force, utilisant des gaz lacrymogènes et des véhicules blindés.

L’intervention policière du 3 avril ne provoqua pas de victime hormi un blessé et deux maisons accidentellement incendiées. Les militants de la Renamo en fuite se dispersèrent aux alentours, mais de nombreuses arrestations s’ensuivirent. C’est pour libérer ces prisonniers que les milices de la Renamo attaquèrent à mains armées le lendemain le poste de police provoquant quatre morts et plusieurs blessés.

Lors une conférence de presse à Maputo, le représentants de la RENAMO affirmèrent via leur porte-parole Ossufo Momade « qu’ils sont las des persécutions, humiliations, répression, dictature et de l’esclavage »(2) et annoncèrent la poursuite – sans en préciser toutefois les moyens – des responsables des attaques policères subies.

Dans son communiqué, le cabinet du ministère de l’intérieur souligne que «  Cette action, préméditée, a eu lieu à un moment où divers dirigeants de la RENAMO, dont son Secrétaire général, Mr. MANUEL BISSOPO, s’attachent à mener dans le pays des actions incitant à la violence armée, sous prétexte de, entre autres exigences, d’empêcher la réalisation des élections pour la fonction publique, et plus spécialement celles des autorités locales de cette année ainsi que les élections générales de 2014.  » et « appelle à la sérénité du peuple mozambicain, du Rovuma à Maputo et du Zumbo à l’Índico, afin de rester vigilant face à toutes les tentatives de division, d’intimidation et de perturbation de l’ordre constitutionnel du pays. (1) »

Selon un témoignage local, «  un grand nombre de personnes, professeurs, femmes avec enfants, abandonnent Muxúnguè, les arrêts de bus sont pleins de personnes en attente de transports publics insuffisants, les commerces sont fermés, et tous craignent l’arrivée de renforts de la Renamo (3) » ... pour beaucoup, le spectre de la guerre civile ressurgit.

P.-S.


- (1) communiqué du Ministère de l’intérieur, avril 2013 -
- (2) cité par Club of Moçambique : Renamo assassina quatre agente da FIR - visité le 8 avril 2013
- (3) mail envoyé par J.L. Mejia Gonzales

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