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Frelimo vs Renamo

Vers la fin du conflit entre la Renamo et le gouvernement mozambicain ?

un accord de paix en vue

lundi 25 août 2014, par Patrice Dx

La Frelimo et la Renamo ont signé ce 24 août un accord de cesser-le-feu mettant (provisoirement ?) fin à une guerre larvée opposant le principal parti d’opposition aux forces gouvernementales. Ce cessez feu, actif depuis le 24 août permettra l’organisation des élections présidentielles dans un climat pacifié et ouvre la voie à des négociations entre les deux partis.

Depuis près de deux ans, le Mozambique semblait renouer avec les affres de la guerre civile. A l’origine du conflit, les frustrations ressenties par la Renamo consécutives aux échecs électoraux répétés que ce parti subit.

La Renamo exigait une une recomposition du conseil électoral permettant une représentation plus équilibrée des partis d’opposition, Renamo et MDR. Faute de faire aboutir cette revendication, la Renamo se détourna des prochaines élections locales, dites autarciques, menaçant de les saboter. En jeu aussi la persistance d’une force armée appartenant à la Renamo, jugée menaçant par le pouvoir en place. Cette garde rapprochée de Alfonso Dhlakama, leader de la Renamo, était une concession des accords de paix de 1992... mais l’entretien de bases militaires, notamment dans la région de Gorongosa allait susciter des réactions des forces gouvernementales. La destruction d’un camp Renamo à Sofala, en avril 2013, prise d’assaut par les forces gouvernementales furent le début d’une série d’escarmouches et de combats sporadiques durant lesquelles la Renamo tenta de paralyser la circulation dans les provinces du centre de Mozambique : attaques de transports publics, sabotage de voies routières, embuscades et contre-attaques émaillèrent dangereusement l’actualité mozambicaines.

Entre-temps des pourparlers laborieux avaient lieu entre la Renamo et la Frelimo. La Frelimo exigeait de désarmement du parti d’opposition, la Renamo quant à lui, réclamait une refonte des lois électorales. Dhlakama, quant à lui, disparut un moment de la scène publique en prenant le maquis, par crainte d’un assassinat.

L’insécurité croissante et l’incertitude politique, surtout dans le contexte de prochaines élections présidentielles, commençait à décourager les investisseurs et à plomber l’industrie touristique. Localement on vit des mouvements de fuite de la population, particulièrement dans les zones qui avaient souffert de la guerre civile de 1977-1992.

L’accord de cesser-le-feu prévoit l’intégration des milices de la Renamo dans les forces armées régulières. Il prévoit aussi l’amnistie pour les faits commis lors des récents affrontements. Alfonso Dhlakama, qui est toujours « dans le maquis » devrait rencontrer le président A. Guebuza. Ce dernier ne se représentera pas aux prochaines élections présidentielles. Le candidat du Frelimo sera l’actuel ministre de la Défense Filipe Jacinto Nyussi, parfois considéré comme un homme de paille de A. Guebuza, qui restera à la tête de la Frelimo.

Il apparait que Dhlakama, tout en sachant que les chances de vaincre électoralement le Frelimo sont très faibles, réussit à imposer plusieurs de ses conditions pour conclure cet accord : en particulier le maintien d’une milice Renamo, l’octroi de postes officiels aux dirigeants du partis, postes qui seraient des sinécures mais qui permettraient aux cadres de la Renamo de gagner en respectabilité et de se tenir mieux informé des manoeuvres gouvernementales contre les opposants politiques et une refonte de la loi électorale.


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