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littérature

Eduardo White ... mort d’un poète de paix et d’amour

mardi 26 août 2014, par Patrice Dx

La disparition d’un poète laisse toujours un vide béant dans la mémoire collective d’un pays. Eduardo White est décédé ce dimanche 24 août à l’hôpital central de Maputo. Avec lui s’éteint une des voix les plus significative de la nouvelle génération d’auteurs mozambicains.

Né en 1963 à Quelimane, il n’avait que 12 ans lorsque le Mozambique prit son indépendance. Son adolescence, il le vécut dans l’enthousiasme de la construction d’un pays nouveau, mais cet espoir fut vite assombri par les affres de la guerre civile.

C’est en 1984 qui intégra un groupe littéraire et contribua à fonder la revue Charrua. Il contribua de même à la Gazette des lettres et des arts de l’hebdomadaire Tempo.

En réaction contre toute littérature militante, Eduardo White développe une poésie intimiste, valorisant des thèmes existentiels et universels. Les fondateurs de Charrua se voulaient indépendants de toute allégeance littéraire ou idéologique, assumant la publication d’auteurs divers « de Pessoa à Aimé Césaire » et se présentant comme « un groupe de jeunes désireux de montrer leur travail ». Bien que contestataire, ils n’entendaient pas détruire la littérature officielle, mais la secouer en proposant une tonalité nouvelle, loin de la médiocrité des oeuvres de circonstance.

En fait, Eduardo White se bat contre la guerre, non pas en ajoutant la violence de mots à la violence des armes mais en réhabilitant l’amour, histoire d’effacer les cicatrices de la guerre et de rendre sa dignité à la vie humaine. Tendresse, onirisme, musicalité et érotisme marquent une poésie lyrique qui vise à réintroduire la paix dans une terre ravagée. Il y exalte la vie avec un optimisme teinté toutefois de mélancolie et parfois d’indignation.

White insistait sur le caractère engagé de son oeuvre qui utilise le langage amoureux comme un outil de résistance et de reconstruction sociale, affirmant la résilience du peuple mozambicain.

«  Avant tout, j’aimerais rappeler que la thématique que j’utilisai dans les deux livres (Amar sabor o Indico, et O Pais de Mim, NdT) est avant tout une thématique de protestation et aussi de mémoire. Ma génération est une génération de guerre : de guerre coloniale...et maintenant toujours la guerre avec la Renamo. Ce que je cherchais est apporter au lecteur un souvenir de ce que finalement est encore vivant en nous, de ce qu’on croit comme étant possible, comme étant réel : qui est l’amour  » (1)

Faut-il s’étonner qu’à la faveur de la pacification du pays, Eduardo White obtint plusieurs prix littéraires et fut consacré comme un des poètes les plus marquant de son temps : le Prix National de Poésie, en 1992, pour “Poemas da Ciência de Voar e da Engenharia de Ser Ave” ; Prix Consagração Rui de Noronha pour l’oeuvre “Dormir com Deus e um Navio na Língua”, en 2001 ; trois ans après, il obtient le Grand prix de littérature José Craveirinha, “O Manual das Mãos” ; et bien d’autres encore dont en 2012, le prix BCI de Littérature. Récompensant le livre “O Libreto da Miséria”.

Quelques oeuvres

- 1984 - Amar Sobre o Índico, Associação dos Escritores Moçambicanos ;
- 1987 - Homoíne, Associação dos Escritores Moçambicanos ;
- 1989 – O País de Mim, Associação dos Escritores Moçambicanos (Prémio Gazeta de Artes e Letras da Revista Tempo) ;
- 1992 - Poemas da Ciência de Voar e da Engenharia de Ser Ave, Editorial Caminho (Prémio Nacional de Poesia Moçambicana, 1995) ;
- 1996 - Os Materiais de Amor seguido de Desafio à Tristeza, Maputo, Ndjira / Lisboa, Ed. Caminho :
- 1999 - Janela para Oriente, Ed. Caminho ;
- 2001 - Dormir Com Deus e Um Navio na Língua, Braga, Ed. Labirinto, (bilingue português/inglês ; Prémio Consagração Rui de Noronha) ;
- 2002 - As Falas do Escorpião, (novela) Maputo, Imprensa Universitária ;
- 2004 – O Manual das Mãos, Campo das Letras
- 2004 - O Homem a Sombra e a Flor e Algumas Cartas do Interior, Maputo, Imprensa Universitária ;
- 2005 - Até Amanhã, Coração, Maputo, Vertical.

notes :

1. WHITE, in : LABAN, 1998, p. 1179 apud ALMEIDA, 2006, cité par Cíntia Machado de Campos Almeida, in NA PONTA DA PENA : Moçambique em letras e cores - trad. P. Deramaix

P.-S.

sources : Eduardo White, in lusofonia.com

voir aussi NA PONTA DA PENA : Moçambique em letras e cores : mémoire de littérature de Cíntia Machado de Campos Almeida (format pdf) analysant l’oeuvre de E. White


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