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face à un monde en crise

notre pari et nos projets

lundi 27 janvier 2003, par Patrice Dx


Révélatrices sont les données concernant les disparités économiques : par habitant, le Produit national brut s’élevait en 2001 à 36.300 $ aux USA, 26.100 $ en Belgique et à peine 900 $ au Mozambique. Il y a une décennie, au sortir de la guerre civile, le Mozambique était le pays le plus pauvre du monde, mais la stabilisation économique, une gestion libérale du pays – désormais « bon élève » du FMI – et l’effort des investisseurs et donateurs ont permis d’y stabiliser l’inflation, et de relancer quelque peu l’économie : on observe en 1991 une croissance de 9 %. Ce succès ne doit pas faire oublier que 70 % des Mozambicains connaissent la pauvreté et que le pays affronte encore d’énormes défis : l’endémie du Sida, l’impact de la concurrence internationale sur l’agriculture mozambicaine, l’enrichissement extrême d’une minorité de la population accompagnant scandales et corruption, ne réussissent pas à vaincre la ténacité et le dynamisme d’une population résolue à conserver son bien le plus précieux : la paix et la liberté.

Cette année 2003 s’ouvre sur un monde chaotique. La perspective inquiétante de la guerre en Irak fragilise une économie mondiale en crise. A l’inquiétude des participants au sommet de Davos répondent les revendications et les aspirations des manifestants de Porto Allegre. Voix des peuples, le forum Social Mondial est pour nous un cri d’espérance : l’affirmation qu’un autre monde est possible. Mais il n’adviendra que l’utopie d’hier se fait réalité demain : annulation de la dette des pays du tiers-monde, taxation de la spéculation financière, contrôle démocratique des activités économiques, participation populaire aux décisions politiques, désarmement et pacification des zones de tension, résistance aux oppressions et aux obscurantismes, restauration d’un secteur public assurant à tous les services sociaux fondamentaux. Telles sont, parmi d’autres, les idées qui circulent à Porto Alegre… elles sont aussi, pour l’essentiel, nôtres.

Voici les défis que nous relevons, voici nos projets :

Nous pensons qu’une nouvelle culture de solidarité émerge des incertitudes présentes. Aussi nous nous attachons à une solidarité culturelle avec le peuple mozambicain, dans un esprit de résistance, culturelle et artistique, à la seule logique du marché.

Notre action s’orientera vers l’organisation de rencontres artistiques, pluriculturelles et sociales, permettant aux artistes mozambicains de trouver écho en Europe. Pour l’essentiel, la production artistique au Mozambique est populaire et relativement peu épargnée par le nivellement culturel qu’impose, à sa manière, une industrie culturelle façonnée dans les pays industrialisés. Le Mozambique, en raison de son histoire, est une nation fondamentalement pluriculturelle. 39 langues et dialectes locaux y ont cours (1) et même si l’Etat a adopté le portugais comme langue officielle et vecteur d’unité nationale, les langues régionales sont de plus en plus usitées dans les rapports avec les populations rurales. Etat laïc, le Mozambique garantit la liberté religieuse : la multiculturalité s’exprime aussi dans ce domaine, ce que l’on peut constater par le dynamisme d’une forte communauté islamique, hindoue et de nombreuses églises ou sectes locales. Pluriethnique, le Mozambique a su préserver son unité, malgré la guerre civile, et a dépassé les démons du régionalisme et du tribalisme, tout en respectant la diversité culturelle de sa population.

Autre volet : la solidarité humanitaire. Des contacts réguliers ont lieu avec une école sise dans la banlieue de Maputo, à Magonanine, un quartier en pleine croissance où sont relogés, dans des conditions très positives, des familles victimes des inondations de 2000. Par le biais d’une ong locale dédiée au développement urbain (l’AMDU), un partenariat s’est installé entre une école uccloise et l’école primaire de Magoanine. Le Sida entre désormais dans notre champ de préoccupation et sera un thème de nos actions et campagnes humanitaires, que nous envisageons, en collaboration avec des ong expérimentée dans ce secteur.

L’établissement de nouveaux rapports Nord/Sud ne peut s’accomplir sans une rencontre et un partenariat dans le champ économique. A cet égard, les relations entre la communauté européenne et les pays lusosophones d’Afrique (PALOP) feront l’objet d’un séminaire que nous projetons d’organiser en 2004. Se déroulant dans un cadre académique et universitaire, il contribuera à une rencontre entre des acteurs sociaux européens et africains, venus de tous horizons sociologiques, culturels et politiques, de manière à porter un regard critique et constructif sur l’avenir de la coopération Europe/Afrique lusophone.

Notre ambition est grande, nos moyens sont modestes et nous sommes encore peu nombreux. Mais, est-ce un lieu commun que d’affirmer que nous pouvons compter sur l’engagement des membres et amis de notre association ? Sans doute, mais cela ne nous empêche pas de conclure sur cette acte de confiance en l’avenir.


(1)voir le site : l’ethnologue


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