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lutte contre la pauvreté : un bilan mitigé

lundi 26 mai 2003, par Patrice Dx

Dans « Malaysian News », Paul Fauvet analyse le document gouvernemental mozambicain concernant le plan d’action pour la réduction de la pauvreté absolue (PARPA). Ce document intitulé "Republic of Mozambique : Poverty Reduction Strategy Paper Progress Report" suggère que certains progrès sont réalisés mais relève honnêtement de nombreux points négatifs. Nous résumons ici l’essentiel de l’article.

Si le gouvernement mozambicain affirmait son intention d’accroitre les dépenses pour la lutte contre la pauvreté dans le cadre général des dépenses publics, les chiffres montrent que la part réservée aux secteurs prioritaires définies par le PARPA a diminué de 19,1 % à 18,4 % du produit intérieur brut. Par rapport aux dépenses publiques, le pourcentage consacré aux secteurs prioritaires à passé de 67,6 % en 2000 à 64,3 % en 2001 et se relève à 65 % l’année suivante alors que l’objectif poursuivi était de 68 %

Education

L’ éducation semble être le parent pauvre du développement : les dépenses consenties dans l’éducation ont diminué entre 2001 et 2002. La part des dépenses publiques - abstraction faite du service de la dette - consacrée à l’éducation est passé de 23,3 à 17,8 %L’objectif du PARPA était de consacrer 19,8 % des dépenses publiques à l’éducation.

Pour le gouvernement les objectifs sont atteints puisque la formation de nouveaux professeurs dépasse largement les objectifs PARPA. Mais l’analyse du taux des abandons scolaires, des doublages et des échecs montrent que la qualité de l’enseignement reste faible.

La santé

C’est dans le domaine de la santé que l’on peut être plus optimiste : les dépenses augmentant pour la même période de 2,9 à 3,8 % du PIB et, en pourcentage des dépenses publiques (de 9,9 à 14 %). On dépasse même l’objectif du PARPA, 13,1 %.

Les taux de vaccinations sont aussi largement supérieurs aux objectifs prévus et l’on peut y voir la continuité de la politique socialiste de santé. De même, sont encourageants les chiffres concernant les consultations pré et post natales : la mortalité maternelle décline de 1,84 à 1,6 par 1000 naissances sans pour autant atteindre l’objectif PARPA de 1 décès pour 1000 naissances.

En fait seules 41 mères sur 100 n’accouchent en maternité ou en centre de santé. Il reste cependant un autre sujet d’inquiétude : le faible poids des bébés à la naissance, ce qui est un indicateur de malnutrition. En 1995 la moyenne était de 13 % de bébé de moins de 2,5 Kg à la naissance, ce chiffre a certes baissé à 11,7 en 2000 mais tendrait aujourd’hui à s’élever de nouveau. Il ne faut pas oublier non plus que ces chiffres ne concerne que la minorité privilégiée des femmes qui ont accès à un centre de santé, aucune mesure, aucune statistique n’étant possible pour les autres.

Le HIV/AIDS reste une grande préoccupation. L’usage des préservatifs est désormais considéré comme un moyen de prévention efficace, mais seulement 900.000 préservatifs furent distribués dans le pays alors que l’objectif était de 1.500.000 millions. Cela reste dérisoire par rapport à une population sexuellement active évaluée à 9 millions.

production agricole

La production agricole n’a pas donné les résultats escomptés par le ministère de l’agriculture : 1.77 millions tonnes de céréales au lieu des 2 millions espérés. En ce qui concerne le caju et le coton, les récoltes sont inférieures aux objectifs PARPA : 60.505 tonnes au lieu de 79.4000 tonnes pour le caju, et 79.713 tonnes au lieu de 110.000 tonnes de coton.

Le rapport observe en outre des distorsions entre les informations gouvernementales et la réalité et les informations reçues "révèlent un manque de compréhension de la réelle dimension des problèmes existants". Le manque de ressources humaines ou financières est parfois invoqué sans que ces éléments ne soient clairement et objectivement quantifiés.

le problème de la dette

Un des prétextes invoqués pour justifier l’échec de la lutte contre la pauvreté est le service de la dette. en dépit des réductions de la dette consenties au Mozambique, le pays paye encore environ 17 millions de dollars/an d’intérêts à ses créditeurs étrangers. L’Etat dépense plus encore pour la dette intérieure... mais ici, il semblerait qu’il s’agit de "boucher les trous" des deux bangues privatisées, le BCM et l’Austral, dans lesquelles l’Etat intervient encore pour une grande part. La provision pour la dette, externe et intérieure, s’élève à 43 millions de dollars.


le rapport publié en février 2003 :
Parpa implementation evaluation report 2001-2002

les documents de la Banque mondiale relatifs au PARPA et à la lutte contre la pauvreté au Mozambique