INFO-MOÇAMBIQUE

Accueil > AGIR > Un nouveau vaccin antimalaria à l’essai

Santé

Un nouveau vaccin antimalaria à l’essai

jeudi 17 juillet 2003, par Patrice Dx

Un nouveau vaccin contre la malaria est à l’étude au Mozambique. Les médecins espèrent qu’il contribuera à alléger les souffrances dues à cette maladie. Les essais qui ont débuté ce 14 juillet 2003 visent à tester sur deux mille enfants l’efficacité et la sureté du vaccin RTS,S/AS02A.

Ces essais ont le fruit d’une la collaboration entre le Ministère de la Santé, le Centro de Investigaçao em Saude de Manhiça (CISM), l’Hopital de l’Université of Barcelona, GlaxoSmithKline (GSK) Biologicals (le plus important producteur de vaccins au monde), et la Malaria Vaccine Initiative (MVI) soutenu par la Bill & Melinda Gates Foundation to Program for Appropriate Technology in Health (PATH).

Des études préliminaires, sur des adultes, en Europe, aux USA et au Mozambique, ainsi que des tests effectués en Gambie, ont démontré l’efficacité et la sureté du vaccin. Selon Pedro Alonso qui dirige l’étude au Mozambique, "il s’agit du plus avancé des vaccins antimalaria en développement, et si les essais sont concluants, il sera un précieux outil de santé publique".

Il faut savoir que 3000 enfants africains meurent du malaria chaque jour. Le malaria, ou le paludisme, touche plusieurs centaines de millions de personnes (2,7 millions de décès) dans le monde : on estime que 75 % des décès dans le monde concernent des des enfants africains de moins de cinq ans. Plus de deux milliards d’individus à travers le monde risquent de contracter le paludisme, avec 300 à 500 millions de cas cliniques enregistrés chaque année.

Au Mozambique, au taux élévé de malaria s’observe dans toutes les provinces : En consultation, 60 % des patients souffrent de malaria et les malades atteint de cette parasitose occupent 40 % des lits d’hôpitaux. Les conséquences globales sur la santé et l’économie sont très lourdes.

Dans cette étude, les enfants participant aux essais seront surveillés pendant 18 mois afin de voir s’ils sont résistants à la maladie. "Il est important de remarquer que le malaria n’est pas seulement une conséquence de la pauvreté, il en est aussi la cause" ajoute P. Alonso. En effet, le coût de traitement de cette maladie est très important pour des systèmes de santé qui sont souvent sur la brèche. Les pertes en vie ont un impact certain sur le développement économique.

Ce programme suit une campagne analogue effectuée en Gambie et fait partie intégrante des projets promus lors de la troisième Conférence panafricaine sur le paludisme de l’Initiative multilatérale sur le paludisme (MIM) en 2002.

Les essais en Gambie ont démontré que le "RTS, S/AS02A" est sans danger pour les enfants et provoque des réactions immunitaires positives. Suite à ces résultats encourageants, un programme d’étude a été lancé au Mozambique afin d’étudier l’efficacité du vaccin. Le RTS, S/ASO2 est un combiné de la protéine du Plasmodium falciparum circumsporozoite associé à un antigène de surface de l’hépatite B avec un adjuvant d’un genre nouveau AS02 de GlaxoSmithKline.

Si le vaccin s’avère efficace, le plus important fabriquant de vaccins au monde, la GSK Biologicals et la Malaria Vaccine Initiative s’engagent à travailler ensemble pour s’assurer qu’il soit produit en quantité suffisante et commercialisé à un prix abordable aux pays en voie de développement, incluant les communautés qui participent aux essais actuels.


sources :
GSK News, 7/8/03 ; MVI, press release, 1 juillet 03 ; Irin-news.org, 15 Jul 2003