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agriculture et OGM

la FAO : au service des industries des OGM ?

mardi 9 novembre 2004, par Patrice Dx

De l’association GRAIN nous tenons de nombreuses informations tout à fait pertinentes relatives aux conséquences écologiques, sociales et économiques de l’implantation des OGM dans l’agriculture. Ces conséquences peuvent être désastreuses pour les paysans pauvres, particulièrement dans les pays en voie de développement comme le Mozambique. Parmi les informations répercutée par GRAIN, une critique des positions de la FAO en faveur des OGM.

Un atelier international sur la « Faim, aide alimentaire et
OGM » s’est tenu à Maputo (Mozambique) du 14 au 17 juillet 2004, conjointement par l’OIC et ses organisations partenaires : União Nacional de Camponeses - UNAC (Mozambique), Environmental Rights Action (Nigeria), The Oakland Institute (Etats-Unis), Accion Ecologica (Equateur), Oxfam Solidarité (Belgique), Third World Network (Malaisie), Amis de la Terre International (Pays-Bas). En marge de cet atelier, une conférence de presse à été tenue par l’Association internationale des Consommateurs à Harare (Zimbabwe). Celui-ci dénonce la prise de position de la FAO en faveur des OGM (organismes génétiquement modifiés). Nous reproduisons ce communiqué qui synthétise l’analyse approfondie du rapport de la FAO réalisée par l’Organisation Internationale des Consommateurs


La FAO prend sans complexe le parti des OGM : les besoins de l’industrie de la biotechnologie l’emportent sur ceux des pauvres

L’Organisation Internationale des Consommateurs (OIC) note avec la plus vive inquiétude le parti pris en faveur du génie génétique affiché dans l’argumentaire et les conclusions du rapport de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) « Biotechnologie agricole : une réponse aux besoins des pauvres ? ». En conséquence, l’OIC a signé la lettre adressée, à l’initiative de GRAIN, au Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf, sur la base des objections suivantes :

- Les succès présentés ne sont pas dus aux OGM. Le rapport de la FAO se fait l’écho des réussites enregistrées dans l’emploi des marqueurs moléculaires pour le mil chandelle en Inde, la culture tissulaire de matériel végétal pour la banane sans virus au Kenya et l’éradication de la peste bovine. Toutefois, le rapport omet de signaler que ces procédés n’impliquent aucune manipulation ni modification génétique.

- Une évaluation tendancieuse, rétrograde et unilatérale. Le rapport n’examine pas sérieusement les inconvénients de la biotechnologie agricole en général et de la technologie transgénique en particulier. Il laisse entendre que l’ingénierie génétique peut à elle seule nourrir les pauvres et nettoyer l’environnement sans accorder trop d’attention à certaines alternatives dont les mérites ont été largement reconnus.

- Le rapport contredit les conclusions de la FAO elle-même . Le chapitre : « De la Révolution verte à la Révolution génétique » passe sous silence les aspects négatifs de l’ initiative sur le plan environnemental et social. Ceci en dépit du fait que le Bureau régional de la FAO en Asie reconnaît depuis longtemps les inconvénients de la Révolution verte et la nécessité de rechercher des formes d’agriculture écologiquement et socialement plus rationnelles.

- Ses propres efforts trahis. La FAO a produit dans le passé d’excellentes analyses sur l’éthique de la biotechnologie et ses récentes consultations sur les OGM ont été équilibrées. Les efforts qu’elle a déployés récemment pour promouvoir le concept ADDR (agriculture durable et développement rural) sont également louables. Ce rapport est loin d’atteindre le niveau de qualité habituel de la FAO et entache la réputation de l’organisation.

- L’absence de véritable processus consultatif a suscité la colère de nombreuses ONG au moment où la FAO vient d’accepter un processus ouvert aux diverses parties prenantes pour le développement du concept de souveraineté alimentaire , avec la consultation d’ONG et d’organisations de populations rurales.

(fin du communiqué - Harare, 24 juin 2004)


En réaction, une lettre ouverte signée par plus de 650 organisations et 800 individus réparties dans le monde (80 pays, dont est, provisoirement nous espérons, absent le Mozambique, est adressée à J. Diouf, directeur de la FAO. Elle accuse l’institution internationale de déclarer " la guerre aux paysans et non à la faim " en ignorant, dans son rapport « Les biotechnologies agricoles : une réponse aux besoins des plus démunis ? », publié le 17 mai, "les preuves connues des conséquences défavorables des cultures génétiquement modifiées sur l’écologie, l’économie et la santé " et en s’écartant des positions qu’elles avait prise auparavant.

La FAO ne semble pas tirer les leçons de l’échec de la "révolution verte", qui favorisa, par l’introduction des engrais chimiques, plus les industries et les gros producteurs, que les petits paysans. D’autre part, la lettre ouverte relève que plus de 90 % des semences génétiquement modifiées sont produites par une seule multinationale : Monsanto et que la totalité des OGM sont produites par cinq compagnies multinationales. Ce qui rendrait les paysans totalement dépendant de ces industries, surtout dans la mesure où, appliquant les législations sur les brevets, elles interdisent aux paysans de résensemencer leur terre avec les surplus, comme cela se fait traditionnellement.


Voir en ligne : Association GRAIN


PS : sources
1. article paru sur le site web de Grain

2. la lettre ouverte de l’association internationale des consommateurs est disponible sur le site web de GRAIN : " lettre ouverte "

3. le rapport de la FAO : « Les biotechnologies agricoles : une réponse aux besoins des plus démunis ? »