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élections 2004

calme, continuité, réserves...

samedi 4 décembre 2004, par Patrice Dx

Selon Radio Mozambique, dans une annonce à 7h30 du matin, le 3 décembre, les résultats sur 430 bureaux de votes donnent une nette avance pour Guebuza et le Frelimo. Le scrutin s’est déroulé dans le calme.

Les premiers résultats chiffrés sont :

pour 430 bureaux de vote (sur 12.777 bureaux) :

80,431 Guebuza
40,706 Dhalkama
3,257 Domingos
55,608 Frelimo
30,544 Renamo
1,886 PDD (parti de R. Domingos)

les résultats sont partiels et ne concernent que les bureaux de vote les plus facilement accessibles, soit des zones urbaines et des régions du sud, traditionnellement plus favorable au Frelimo qu’à l’opposition. Cependant, l’importance de l’écart entre les deux partis rivaux permet de prévoir la confirmation de la confiance populaire accordée au Frelimo. Le changement préconisé par Dhlakama n’aura, selon toute vraisemblance, pas lieu.

Il faut cependant tenir compte qu’il y a en fait plus de 12.700 bureaux de votes répartis dans un territoire immense, aux communications rendues difficiles par le mauvais état de l’infrastructure routière et des inondations récentes. Cependant, il apparaît que malgré ces difficultés, peu de bureau de vote sont restés fermés, à peine 37 (dans les provinces de Nyassa, Gaza et Cabo Delgado), en raison des intempéries, parfois, mais aussi en raison de carences matérielles ou logistiques, faute de livres d’enregistrement par exemple. Ce chiffre est inférieur à celui observé lors des précédents scrutins. Un nombre plus important de bureaux de vote n’avaient pu ouvrir à temps le premier jour (le 1er décembre) mais ont ouvert le jour suivant.

L’abstentionnisme semble important cette année, dû peut-être à une désaffection de l’électorat, et l’on estime que près de 40 % des électeurs potentiels n’auront pas voté.

Dans un communiqué datant du 3 décembre, l’agence de presse Reuter confirme l’avance de Guebuza. Des observateurs du scrutin disent qu’un maximum de 30 % des électeurs enregistrés ont effectivement déposé un bulletin dans les urnes. Le décompte de la radio mozambicaine ne concerne en fait que 10 % des votants présumés. Il n’y a jusqu’à présent pas de confirmation indépendante des chiffres. La commission électorale mozambicaine est obligé d’annoncer les résultats officiels que le 17 décembre. Selon la radio mozambicaine, Guebuza est victorieux dans 10 provinces sur les 11 provinces du Mozambique. Si aucun des deux candidats n’obtient plus de 50 % des voix, un second tour risque d’être nécessaire au mois prochain, mais les premieres annonces semblent indiquer que ce ballotage pourrait être évité. Il faut aussi signaler que les incidents, lors de la campagne électorale, furent plus rares lors de ce scrutin qu’au cours des élections précédentes. Cependant, des incidents qui opposèrent lors de la campagne électorale des militants de la renamo à la police causèrent plusieurs, 2 ou 3, morts parmi les policiers. Dans l’ensemble, les journées du scrutin se déroulèrent dans le calme.

Des réserves ont été émises sur la transparence du scrutin.

En outre, l’ancient président américain, Jimmy Carter, observateur international des élections au Mozambique, émet de nettes réserves quant à la transparence du scrutin et critique le Comité National Electoral, arguant que les observateurs du Carter center n’ont pu accéder librement à toutes les phases du scrutin, tant en 1999 qu’en 2004, et qu’ils ne peuvent rien garantir sur ce qu’ils n’ont pu observer. Cette critique fait écho aux plaintes d’observateurs de la Communauté européenne sur les conditions accordées par le gouvernement mozambicain et qui furent l’objet de négociations assez âpres.

Le communiqué de l’agence Reuter précise les plaintes des observateurs internationaux. Jimmy Carter dirige une équipe de 60 observateurs. Le Centre J. Carter a critique le précédent scrutin estimant que la commission électoral avait en secret invalidé le vote de environ 10 % des électeurs en 1999 en raison d’irrégularités qui avaient été constatées. Et il espère que le scrutin de 2004 se déroule dans une transparence telle que le Centre Carter puisse garantir de la régularité des procédures. Cependant, il apparaît que des observateurs européens et africains n’ont pu accéder a un centre de dépouillement où les données sont encodées sur ordinateur.

Aux dernières nouvelles, le Centre Jimmy Carter a obtenu des concessions de la part du CNE qui promet que les observateurs pourront vérifier le décompte des résultats, au niveau provincial et national, qui seront encodés et que les résultats partiels seront annoncés quotidiennement. Mais Carter n’obtient pas satisfaction dans son exigence de pouvoir vérifier la totalité des corrections et invalidations.

Si le Mozambique reste un des pays les plus pauvres d’Afrique, il est un de ceux où la croissance économique est la plus forte durant la dernière décennie : environ 10 % annuel. Mais cette croissance ne concerne pas la majeure partie de la population dont la moitié se situe bien en dessous du seuil de pauvreté et où le taux de chomage atteint 50 %. Les résultats électoraux ne devraient pas affecter la politique économique du pays, ni l’attitude de la Banque mondiale et des investisseurs internationaux ou étrangers à l’égard du Mozambique.


source : Mozambique political process bulletin, édité par J. Hanlon,
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