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élections 2004

bugs et cafouilles

sévères critiques de l’UE sur le déroulement des élections au Mozambique

mardi 21 décembre 2004, par Patrice Dx

Sans remettre en cause les résultats, l’Union Européenne adresse de sérieuses critiques concernant le déroulement des élections présidentielles et législatives au Mozambique. De nombreuses irrégularités et dysfonctionnement jettent le doute sur la compétence et l’impartialité des organes électoraux.

Le chef de mission d’observation de l’UE a dénoncé les «  irrégularités graves et diverses  » dans le processus électoral. Cependant, l’euro-député espagnol Javier Pomés affirme que « la validation de ces irrégularités ne remettent pas en question les résultats ». Ces irrégularités comportent la publication de résultats falsifiés et de « bourrages d’urnes » gonflant les résultats obtenus par Guebuza et le Frelimo, dans les provinces de Tete et Gaza.

Bien que la loi oblige la divulgation des résultats dans un délai de 15 jours après le vote, les résultats officiels des élections présidentielles et législatives du 1et 2 décembre ne sont pas encore publiés, mais les comptages provinciaux et parallèles donne l’avantage au candidat du Frelimo, Armando Guebuza qui obtient pratiquement le double des voix de son adversaire de la Renamo, A. Dhlakama. Malgré les irrégularités, la différence est trop grande pour que les corrections apportées puissent remettre en question la victoire du Frelimo. Cependant, J. Pomés souligne que, dans les élections législatives, « du traitement correct des irrégularités peut résulter une altération de la distribution des sièges » au Parlement.

Dans une déclaration dure adressée au organes électoraux mozambicain, Pomès accuse la Comission nationale des élections (CNE) et le Secrétaire technique de l’Administration électoral (STAE) d’avoir gaspillé du temps, de l’argent et négligé les conseils. «  Son comportement explique un bon nombre de problèmes observés » explique-t-il en spécifiant que l’union européenne ne voulait ni ne pouvait contrôler les quelque 12 millions d’euro remis directement à l’Etat pour organiser ces 3e élections générales du pays. La mission européenne continuera cependant son travail de terrain jusqu’à la déclaration finale sur les élections, en février 2005.

Dans un document remis aux journalistes, la mission européenne cite quelques exemples d’irrégularités ou de dysfonctionnements :

- problèmes avec l’enregistrement des électeurs, de « sérieuses erreurs » dans les registres d’électeurs et leur correction baclée et incomplète
- de nombreux bureaux de vote furent ouverts mais n’ont jamais reçu le matériel de vote, de manière qu’aucun vote n’y a pu avoir lieu. Certains bureaux furent ouverts à des lieux erronés ou très tardivement, en raison d’un planning inadéquat et en dernière minute.
- Les logiciels de saisie informatique des résultats n’ont pas fonctionné correctement.

Pomes et l’UE reconnaissent que des concessions furent accordées pour améliorer la transparence du processus électoral, mais cependant elles furent insuffisantes.

En particulier :
- les listes corrigées d’électeurs ne furent jamais rendues disponibles au public
- la liste complète des bureaux de vote et leur registres ne fut jamais donnée aux représentants des partis ni aux observateurs.
- Des informations insuffisantes ou inexactes furent données par les autorités électorales sur les problèmes techniques et déficiences durant le processus de décompte.
- Les observateurs ne furent pas autorisés à surveiller la reclassification des votes invalides, exceptés aux moments définis par le CNE

Dans un document distribué aux journalistes, la mission énumère diverses situations concrètes dont une affluence supérieure à 100 % de l’électorat enregistré dans des districts de Tete et de Gaza tandis que le taux d’abstention au niveau national atteindrait approximativement 70 %. « Etant donné que la basse affluence dans les bureaux dans le reste du pays, l’affluence élevée dans ces régions fut particulièrement surprenante, tenant compte que des assemblées de vote avaient des registres datant de 1999 qui contiennent les noms des personnes décédées - estimées à 10 % » souligne le document.

La mission dénonça aussi l’annulation délibérée de bulletin de vote à Niassa et à Tete et le cas de délégués de la Renamo qui furent maintenus à distance des bureaux et empêchés par la police d’assister au vote. L’incertitude quant au nombre d’électeurs inscrits sème le doute sur le processus électoral et accroît le scepticisme des partis d’opposition.

En conclusion, les observateurs de l’UE estiment que l’ensemble des irrégularités doit être soigneusement examiné par les organes électoraux, la CNE et le Conseil institutionnel, pour qu’ils prennent les décisions adéquates. Les autorités électorales ne disposent pas des données suffisantes pour revalider ces dysfonctionnements, cependant, ajoute le chef de la mission européenne, « le Mozambique est un état de Droit et les élections sous sous le contrôle suprême du Conseil institutionnel  ».

Pour rappel, un billet d’actualité sur les élections mozambicaine est diffusé par J. Hanlon en ligne à http://www.mozambique.mz/awepa/issues.htm . Les résultats partiels et/ou officieux, province par province, y sont communiqués et régulièrement réactualisés. Le numéro 30 du "Mozambique political process bulletin" fait le point sur les critiques de l’UE. Nous publierons les résultats définifs lorsqu’ils seront diffusés officiellement.

Quoi qu’il en soit, nous constatons que dans l’ensemble les élections se sont déroulées dans le calme. Nous constatons aussi qu’une opposition politique peut se manifester dans une assez grande liberté, pour autant qu’elle joue elle aussi la carte de la démocratie. Autant par ses structures institutionnelles que par sa constitution récemment rénovée, le Mozambique montre qu’il a choisi la voie de la démocratie et est un Etat de Droit. Cependant, les irrégularités constatées témoignent d’une évidente inexpérience ainsi que d’une faiblesse organisationnelle, découlant peut être de carences matérielles, mais aussi d’une mécompréhension des enjeux démocratiques de la part d’autorités locales ou de fonctionnaires partiaux . Un Etat démocratique ne peut asseoir sa légitimité et assurer sa reconnaissance internationale que dans une complète transparence des processus décisionnels et électoraux et une grande rigueur dans le respect de la loi électorale. Il est à souhaiter que le gouvernement qui sortira de ces élections-ci prenne les mesures pour que ne puissent plus se justifier d’autres critiques des observateurs internationaux.

1 Message

  • bugs et cafouilles

    30 septembre 2005 11:20, par Brandao De Carvalho Oscar

    " Donor support seems to grow in tandem with criminalisation. At its donor Consultative Group meeting in October 2001, just two months after the murder of Siba-Siba Macuácua, Mozambique asked for $600 mn in aid and was given $722 mn. Sérgio Vieira, a former security minister, wrote that the pledge of more money than Mozambique requested shows that the international community recognises "the good performance of the government" and that this "overrides the bank scandal and the assassinations of Siba-Siba Macuácua and Carlos Cardoso" (Domingo, 2 Dec 2001).

    In this paper I will argue that Vieira’s statement is correct - that donors are rewarding what they see as "good performance" by allowing, and thus effectively encouraging, corruption and state capture. Furthermore, I will argue that donors are rejecting appeals from honest Mozambicans to do more than simply pay lip service to the need to curb corruption because they need the myth of the Mozambican success story.

    In the following four sections we will look at : 1) the highly conflicting views of Mozambique, as a development success story or a criminal state, 2) theories of corruption and how that affects donor response, 3) long term perverse effects of aid policies, and 4) conclusions. "

    Voir en ligne : Are donors promoting corruption ?> de by Joseph Hanlon


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