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jour de la paix et de la réconciliation

la paix repose sur les épaules du peuple

le président tire les leçons de la guerre civile

samedi 8 octobre 2005, par Patrice Dx

A l’occasion de la journée de la Paix et de la Réconciliation, qui commémore le 13e anniversaire des accords de paix signés à Rome, le 4 octobre 1992, entre le gouvernement mozambicain et les rebelles de la Renamo, le président Armando Guebuza incite ses concitoyens à tirer les leçons de leur histoire et à jamais laisser le pays glisser à nouveau dans la violence.

Le président Guebuza fut étroitement associé à cette date historique puisque, alors ministre des Transports, il dirigea la représentation gouvernementale dans les pourparlers de Rome. Il rappelle que ces années de guerre, ainsi que les incidents occasionnels - ceux de Montepuez ou de Mocimboa da Praia par exemple - qui suivirent, devaient servir d’avertissement de sorte que cela ne se répète jamais. Il est important, dit il, « d’entretenir à jamais la flamme de l’unité et ne jamais se départir de nos efforts pour une culture de paix et de réconciliation nationale »

Montepuez, dans la province de Cabo Delgado fut la scène des pires violences, le 9 novembre 2000, quand la Renamo organisa une vague de démonstration dans la région en protestation des résultats électoraux de 1999. 14 manifestant et 7 policiers périrent à Montepuez. Le pire survint avec une vague d’arrestations et de détentions indiscriminées, au cours desquelless 83 prisonniers périrent d’asphyxie dans une cellule surpeuplée. A Mocimboa da Praia (Cabo Delgado), au début du mois de septembre de la même année, des affrontements entre les partisans de la Renamo et ceux du Frelimo se soldèrent par 8 victimes au moins. Des incidents violents peuvent se produire lors de tout processus politique, reconnaît Guebuza mais « ils ne peuvent être considérés comme un échec du processus de paix qui est fortement soutenu par la grande majorité des mozambicains. Ces heurts isolés ne menacent aucunement la paix »

Raul Domingo, qui était alors l’interlocuteur représentant de la Renamo lors des négociations de 1992, est d’accord avec le point de vue du président. Interviewé par Radio Mozambique le 4 octobre, Domingos dit aussi que les explosions sporadiques de violence ne furent pas suffisantes pour annuler le succès des accords de paix. Pour Domingo, plus que de la bonne volonté des politiciens, la paix fut garantie par les Mozambicains ordinaires, fermes défenseurs des accords de paix. Il nota le fait que, en dépit des horreurs de la guerre, une fois la paix signées, la population ne montra aucune velléité de revanche pour ce qu’ils avaient, eux et leur famille, subi.

Domingos fut expulsé de la Renamo en 2000 et dirige maintenant le parti pour la Paix, la Démocratie et le Développement (PPD) et fut présent aux cérémonies du 4 octobre 2005, au square des Héros, à Maputo, en compagnie d’autre chefs d’autre partis d’opposition de moindre importance tels Yaqub Sibindy du Independant Party (PIMO, tendance islamiste) et Miguel Mabote du Parti travailliste (PT). Malgré que la Renamo avait insisté pour que le 4 octobre soit un jour férié, aucun représentant notable de ce parti n’était présent à la cérémonie. Ce qui s’inscrit avec la politique de Dhlakama de boycott des cérémonies nationales, tout particulièrement s’ils ont lieu au Square des Héros.

Pour rappel : le Square des Héros comporte un mausolée où sont inhumés les leaders du Frelimo, dont Samora Machel, et les héros de la guerre anticoloniale.


Source : Mozambique News Agency
AIM Reports, No.306, 5th October 2005