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L’insécurité alimentaire au Mozambique

L’agence américaine USAID éclaire sur ses causes

dimanche 13 novembre 2005, par Patrice Dx

USAID est une agence fédérale du gouvernement américain chargé de l’assistance économique - dans l’esprit du plan Marshall qui fut appliqué à la fin de la seconde guerre mondiale pour la reconstruction de l’Europe - accordée aux peuples du tiers-monde par le « peuple américain ». Cette aide est sous-tendue par la volonté d’encourager l’expansion de la démocratie et l’économie de marché.

Du point de vue des Etats-Unis, l’un ne va pas sans l’autre. Cette politique de soutien économique mobilise nombre d’experts internationaux travaillant sur le terrain.

On peut consulter sur son site un rapport complet sur les activités de USAID au Mozambique ainsi que le plan stratégique d’aide pour 2004-2010.

USAID développe un réseau d’alerte (Famine Early Warning System Network - Fews.net ) qui publie des bulletins d’alerte susceptibles d’éclairer le problème de l’insécurité alimentaire au Mozambique.

En février 2005, Fews.net relevait déjà les implications négatives de la sécheresse saisonnière sur l’ensemencement et les récoltes, particulièrement dans le Sud du Mozambique, comprenant une grande part du bassin du Limpopo et craignait que la baisse de rendement agricole allait provoquer des carences alimentaires chez les familles les plus pauvres.

Au centre et au sud du pays, la saison des pluies s’étend de octobre à mai. Deux périodes de semailles sont normalement prévues dans le calendrier agricole : octobre à décembre, puis mars à mai. La première récolte a lieu en février-avril et la seconde en juin-août. La sécheresse se prolongeant durant octobre et novembre affecte donc les semailles. Or durant le premier janvier jusqu’en février 2005, les précipitations dans le bassin du Limpopo atteignait en maints districts le quart, à peine, de la normale. Ce qui entraîne naturellement des récoltes médiocres dans le sud du pays, ce qui obligerait les cultivateurs les plus pauvres à devoir d’approvisionner sur le marché. Jusqu’au premier trimestre de 2005, les prix étaient stables, mais ils ont commencé à augmenter durant ces derniers mois. Les difficultés concernent surtout le maïs, une des bases de l’alimentation mozambicaine, mais la récolte de manioc s’avère satisfaisante, selon le SETSAN, et peut combler le déficit alimentaire. A noter que le Nord est affecté différemment : les semailles y ont lieu en octobre-décembre et la récolte, unique, entre avril et juin. La saison des pluies s’étend dans le Nord de décembre à mai.

Ce sont surtout les mois de octobre à janvier qui sont critiques, ils constituent une période de famine en cas de sécheresse prolongée et c’est en décembre à février que les prix des denrées alimentaires augmente. Même dans les conditions climatiques normales, les ménages les plus pauvres doivent réduire leur consommation alimentaire. En cas de sécheresse, le manque d’eau aggrave la situation.

Dans son bulletin du 8 novembre, Fews.net constate une aggravation de l’insécurité alimentaire au Sud du Mozambique. .

« En raison de la disponibilité très limitée en eau potable, pour la consommation humaine et animale, la médiocrité de la production lors de la seconde récolte, les restrictions de ressources pour l’aide alimentaire, et l’élévation du prix des aliments réduisant, pour les ménages, l’accès au marché, même si l’approvisionnement est assuré, la période actuelle de famine pourra être sévère » et la situation s’aggravera à mesure que s’épuisent les diverses stratégies de survivance adoptées pour minimiser le déficit alimentaire.

Cela touche les provinces du Sud mais aussi plusieurs districts des provinces de Zambèze, Nampula, Cabo Delgado, Niassa. Le SETSAN estime que 801.000 personnes auront besoin d’assistance alimentaire. Mais les ressources nécessaires pour cette aide, du Programme mondial d’Alimentation (PMA) s’épuisent, elles aussi, de sorte que le PMA a pu couvrir jsuqu’à présent à peine 30 % des besoins, mais compte pouvoir couvrir 66 % des besoins pour décembre et jusqu’à 73 % au début de 2006.

On attend beaucoup de la prochaine saison des pluies et la préparation des terres pour les prochaines semailles ont commencé. Si des foires aux semences sont d’ores et déjà prévues, on déplore le manque de diversité et particulièrement de semences d’espèces tolérant la sécheresse.

En outre on peut craindre que l’extension des périodes de sécheresse relève des perturbations globales du climat résultant du réchauffement de la terre. En tout état de cause, une mobilisation accrue pour l’aide alimentaire, impliquant aussi une assistance dans la gestion des ressources aquatiques et la fourniture de semences adaptées aux conditions de sécheresse s’avère indispensable pour minimiser l’insécurité alimentaire.


Voir en ligne : site de Fews.net


Sources :

US-AID : dossier Mozambique

Fews.net : site de Fews.net
- Moçambique, actualização de segurança alimentar, févereiro de 2005
- Moçambique : alerte da Segurança Alimentar, 8 novembre 2005