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Zambèze

pont et prostitution

la construction d’un pont risque de favoriser prostitution et sida

jeudi 6 avril 2006

Dans un communiqué émis par l’Integrated Regional information Network à Johannesburg , le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations-Unies avertit des risques sociaux et sanitaires induits par la construction d’un pont sur le Zambèse L’afflux des travailleurs et l’augmentation du transport routier serait de nature à destabiliser les structures sociales, à encourager la prostitution et à propager le sida et autres maladies sexuellement transmissibles.

communiqué :

une ONG reconnue a averti que le projet d’un pont au-dessus du fleuve central Zambèse en Mozambique central n’apporterait pas que de la prospérité économique à la région mais serait une réelle menace de prostitution et de propagation du SIDA.

Les 2-3 km de pont reliant les villes de Caia de la province de Sofala et Chimuara en Zambèse aura une influence sur l’influx d’une armée importante d’hommes sans leurs femmes avec de l’argent à dépenser. Cet afflux "aura une répercussion sur les intérêts des adultes et enfants locaux", dit Chris McIvor, directeur du programme Mozambique de « Save Children UK ».

Caia et Chimuara sont situés dans des provinces où la prévalence du SIDA s’élève à plus de 20 % et où il existe une exploitation des femmes et des enfants par les camionneurs, rapportent « Save Children UK » et une ONG norvégienne.

Deux ans de recherche par l’organisation des droits des enfants ont démontré que des structures familiales faibles de communauté à pauvreté chronique le long du Zambèse ont créé un environnement particulièrement dangereux pour les enfants.

Après 14 années de paix, les villes ont dû recouvrir l’impact de 2 décennies de guerre civile. Des milliers de familles ont été déplacées et ébranlées et ces communautés ont besoin d’un réseau d’aide, rapporte « Save Children UK » dans leur rapport « (Un pont au-dessus du Zambèse : Quelles choses à faire pour les enfants ?) »
Des chercheurs ont relevé que la pauvreté chronique et l’insécurité alimentaire forcent 70 % des enfants de la région à travailler pour pouvoir aider leurs familles. Environ 40 % d’enfants souffrent de malnutrition car ils ne peuvent manger qu’une fois par jour et ils sont vulnérables par l’abus de mains étrangères résultant de l’infrastructure de projets dans la région et le fait d’avoir été déjà exploités dans le passé.

D’abord les garçons qui vont dans les camps font des petits boulots et font les courses pour les travailleurs. Les filles s’occupent de cuisiner et nettoyer pour eux. Eventuellement elles leur rendent des services sexuels à ces hommes pour très peu d’argent. Il est entendu que les filles ont 2 responsabilités comme domestiques au camp : la cuisine et le nettoyage et le travail du sexe. Il n’est pas possible de faire de la prévention de ces filles de ces camps. Là où il y a des opportunités, les filles vont avec les hommes. Ce rapport parle d’une jeune adolescente disant : « Le plus perturbant était l’entretien et la prévalence des abus sexuels dans les installations des baraquements (barracas) de chaque côté de la rivière ».

Le service ferry de la rivière est généralement surchargé provoquant souvent des nuitées des camionneurs dans ces camps, ce qui a développé l’abus sexuel et l’exploitation des enfants.
Une gamine de 12 ans nous dit encore dans ce rapport « Beaucoup de jeunes filles de ce quartier “chat” s’entretiennent avec les hommes. Elles tombent enceintes et se font avorter ici même à la rivière. Il n’y a pas de terrains de jeux. Parfois nous jouons des jeux à la corde mais certaines filles ne veulent pas jouer et viennent à la rivière pour voir les hommes. Elles ne savent pas comment utiliser des condoms et ne veulent pas aller à l’école.

Je suis venue avec mon père car je ne me promène pas seule. Beaucoup de gens meurent ici, peut être à cause de maladies. Il y a des jeunes garçons qui sont envoyés pour trouver des jeunes filles pour les adultes. Ces hommes paient ces garçons 5 ou 10 Meticais (moins de 50 US cents) pour ce traffic, tout dépend de la rapidité de les trouver. Il y a une « party de bière » ici tous les jours - les hommes boivent et sont saouls et puis dorment avec des filles. Parfois ils font la bagarre, se battent. Ils vont mourir bientôt et moi je ne veux pas mourir !

Des garçons de 10-11 ans vivent et travaillent à la rivière, certains ont fait leurs études primaires mais certains ont abandonné. Aussitôt que je me lève à 6 h du matin, je fais la vaisselle pour le patron, je balaye la cour et je fais cuire du poisson. Le soir je vais avec ceux qui boivent et dansent dans « la barraca ». Je vais dormir très tard lorsque c’est encore très bruyant. » « Il n’y a pas de samedi ni de dimanche, tous les jours sont les mêmes », raconte un garçon de 12 ans.

L’incidence des MST chez les enfants a progressé énormément dans les 2 villes. Une infirmière en chef à Chimuara dit à l’ONG qu’en 2005 la clinique a été visité par des enfants de 12 ans pour raison de MST or qu’en 2004 l’enfant le plus jeune avait 15 ans.

La loi mozabicaine est inadéquate en termes de protection des enfants pour abus sexuels, exploitation et prostitution. Les lois nationales se concentrent plus à des sanctions pénales possibles pour agressions sexuelles et ne sont souvent pas appliquées, dit l’ONG. Selon l’UNICEF il n’y a pas de loi qui criminalise la prostitution d’enfants, excepté lorsque les parents utilisent leurs enfants pour être vendus.

La construction du pont reliant le Nord au Sud va emmener des boulots utiles et l’accès à des soins de santé meilleurs dans les 2 villes, communique l’ONG « Save the Children ». Le fait que cela prendra au moins 3 ans, a suscité l’intérêts des résidents par rapport à la transmission et propagation du SIDA et MST en augmentation et a sensibilisé les travailleurs sociaux et communautés locales.

Aucune de ces conséquences négatives ne peut être évité si une action n’est tentée pour mettre en place des mesures afin d’atténuer les conséquences de cet impact, dit McIvor. Il a suggéré de recruter des travailleurs locaux, où c’est possible afin de consolider des communautés et les rendre moins vulnérables vis-à-vis des abus sexuels et des exploitations.

Pour aider d’éviter la promotion de l’industrie du sexe, l’ONG a recommandé aux travailleurs autorisés de visiter ces familles régulièrement et a noté que le gouvernement a rendu obligatoire aux Compagnies de construction des programmes de sensibilisation de lutte contre le SIDA dans la région.

IRIN - WA
Traduction française Chantal Janssens