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SIDA

En zone rurale mozambicaine : l’éducation sanitaire par l’image

Mobil Vision Africain : une initiative intéressante

mardi 21 novembre 2006, par Patrice Dx

Au Mozambique, dans les zones rurales, 60 % de la population est illettrée, près de 20 % est séropositive. Comment réussir une éducation sanitaire appropriée tout en consolidant la confiance en soi et valorisant la culture mozambicaine ? par l’image. Mobil vision africa est une initiative de cinéma mobile, en zone rurale, utilisant les techniques numérique de projection.

Durant les années qui suivirent l’indépendance, le cinéma était considéré comme un facteur essentiel d’éducation sociale et de formation de la conscience politique du peuple. Des équipes mobiles se rendaient dans les zones rurales pour présenter des séances de cinéma en plein air au cours desquels la population, qui découvrait souvent pour la première fois les images animées du cinématographe, pouvait se voir et construire son identité dans le miroir de Kuxa Kanema, cette série d’actualités filmées mettant en scène la révolution mozambicaine. Aujourd’hui une telle expérience collective semble révolue : la télévision et ses séries commerciales brésiliennes ont remplacé, dans les zones urbaines et de plus en plus dans les zones rurales, le cinéma. Pourtant les nouvelles technologies de l’image pourraient pallier les difficultés techniques rencontrées par l’institut national du cinéma, à condition qu’une volonté politique se dessine en ce sens.

En attendant, on ne peut que saluer l’effort des cinéastes et producteurs locaux pour valoriser un cinéma mozambicain de qualité, on ne peut aussi que saluer des initiatives privées visant à une éducation populaire par l’image. Ainsi le projet Mobile vision Africa est le fruit du travail d’un animateur allemand, Jürg Honegger, qui acquit son expérience de terrain, au Congo et au Burundi notamment, en tant que logisticien de Médecins sans frontière. Changeant de méthode de travail et voulant agir au plus près des communautés rurales, il a équipé un 4x4 d’un équipement audiovisuel de pointe : lecteur de DVD, vidéo-projecteur, ordinateur, écrans, matériel de sono et l’indispensable génératrice d’électricité et sillonne les campagnes du nord du Mozambique.

Son projet ? Montrer des films mozambicains mais aussi des documents d’éducation sanitaire, notamment en vue de la prévention du SIDA. Il a effectué un premier voyage en début 2006 et compte participer activement au prochain festival de Beluarte, à l’ile du Mozambique, en 2007. Dans ses projets, il y a aussi l’implémentation d’un lieu de projection permanent à Pemba.

Bien le projet résulte d’une initiative personnelle, Jurg Honegger se refuse à travailler seul. Il a séjourné plusieurs mois à Pemba pour rencontrer les organisations locales, car en dépit de son expertise technique, il ne se prétend ni travailleur social ni médecin. En 2003, c’est avec « Nucleo », la section régionale de l’organisation nationale de prévention du SIDA qu’il organise sa première séance de projection en 2003. C’est à un médecin mozambicain qu’était confié la charge de transmettre en fin de projection l’information sanitaire adéquate.

En juin et juillet 2004, Honegger effectua un tournée sur 10 villages dans le district de Meluco au Nord du Mozambique où il montra des films éducatifs et de fiction, de réalisateurs mozambicain. Pour familiariser les villageois avec l’image enregistrée, il a pris l’initiative de filmer, à la caméra digitale, les habitants et de leur montrer les images enregistrées, cela avant de projeter les films. Cette tournée a été soutenue par l’association allemande Agro Accion Alemana (division of the Deutsche Welthungerhilfe) qui contribua aux dépenses quotidiennes, aux salaires et à une partie de l’équipement.

En 2006, un voyage dans la province du Cabo Delgado est prévu (pour février-mars) ainsi qu’une tournée dans les districts du Nord, Mocimboa da Praia, Palma, Macomia and Mueda. Dans ces régions 16 % de la population est séropositve, c’est certes moins que dans les pays voisins mais cela rend la prévention d’autant plus nécessaire. En montrant des films d’éducation sanitaire, Honegger espère contribuer à contenir l’expansion du SIDA et à minimiser les infections dans cette région. Il entend aussi consolider l’identité culturelle des population en montrant des films africains avec des danses traditionnelles de ces régions.

En mars 2006 c’est dans les districts du Sud qu’il se rend : Chiure, Montepuez, Namuno and Balama. Les films - des courts métrages très visuels, avec peu de dialogue - sont montrés, après consultation des autorités locales, en zone urbaines ou péri-urbaines, dans les parcs publics, les vieux cinéma et les écoles. Un médecin local assure la transmission du message sanitaire et des préservatifs sont distribués. A Nampula, c’est dans un camp de réfugiés - 5000 personnes - que les projections sont organisées, et c’est sur requête des autorités locales qu’un ancien cinéma de Pemba sera transformé en un lieu permanent de projection, de films récréatifs et documentaires, et une base pour la prévention du SIDA.

Le site web - http://www.mobilevisionafrica.org/ - présente ces projets et appelle à un soutien financier.


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