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De nouveau la faim au mozambique ?

mardi 21 novembre 2006, par Patrice Dx

En raison de restrictions budgétaire, le programme d’aide alimentaire au Mozambique par les Nations unies a dû être réduit. Les rations distribuées ont été réduites de moitié durant la période de soudure critique, entre deux saisons de récoltes, au moment où les hausse de prix des denrées alimentaires rendent celles-ci inaccessibles aux plus pauvres.

L’aide alimentaire d’urgence requiert 10 millions de dollars ( c’est un peu près ce que les USA dépensent en une heure de guerre en Irak) pour nourrir 460.000 personnes durant les 4 mois à venir.

Le World Food Program aide actuellement 292.000 personnes en danger mais la diminution des fonds de 77 % a privé des milliers d’entre eux de la moitié des rations de céréales et de soja. Ce qui plonge ces milliers de personnes dans l’insécurité alimentaire. La moitié d’entre eux vit en zone aride et est touchée par les sécheresses rendant impossibles les cultures de subsistance. De plus, s’inquiète Paulo Zacula, Directeur de l’ INGC (Agence nationale des Désastres), on n’est pas encore en période d’inondation et de cyclones, durant lesquelles des secours d’urgence devront être fournis.

A moins que des dons soient accordés, les restrictions peuvent conduire à des ruptures des stocks prévus en cas d’urgence. Une des raisons de ces restrictions budgétaires est que le Mozambique a bénéficié en 2006 de meilleures récoltes que les années précédentes. Les bons résultats en matière de sécurité alimentaire a amené le WFP à réviser à la baisse le budget d’aide alimentaire. Cependant on « observe encore des poches d’insécurité alimentaire », de sorte que l’on fait actuellement appel à des donateurs privés, locaux ou étrangers, dit K. Manente, directeur régional du WFP.

Cette situation est naturellement aggravée par l’épidémie de SIDA. Avec une prévalence de 16,2 %, la plus élevée du pays, Beira risque d’être sérieusement touchée, notamment par l’augmentation de la malnutrition chez les nourrissons et des enfants, dont l’alimentation diététique dont ils ont besoin est plus coûteuse que celle des adultes.

Des mesures structurelles sont prises, qui tendent à réduire la dépendance alimentaire : en mars 2006, le gouvernement a approuvé un programme de 40 millions de dollars de gestion des catastrophes pour les dix ans à venir, dans le but de réduire de 10 % chaque année le nombre de personnes dépendantes de l’aide alimentaire. L’initiative comporte des plans d’irrigation et de distribution d’eau potable.